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Menaces et incivilités dans les bus : "Ils ne sont pas payés pour subir des menaces de mort et de viol"

Un homme de 26 ans avait à répondre ce lundi devant le tribunal judiciaire de Saint-Denis de faits de menaces de mort et d'outrages envers des agents du service public et des forces de l'ordre. Le prévenu, qui comparaissait en état de récidive pour des faits identiques, sortait de détention en décembre dernier.
Ecrit par Régis Labrousse – le mardi 23 juillet 2024 à 14H44

Le moins que l'on puisse dire, est que Djonathan F. assume ses actes. À la barre du tribunal, le prévenu apparait très énervé à l'évocation des faits qui lui sont reprochés par la présidente. Par deux fois, le 19 juillet, il a menacé de mort, avec un couteau et un ciseau, des conducteurs, des contrôleurs de bus et un médiateur. La raison, il était très énervé parce que, selon lui, il s'est fait tabasser la veille dans son quartier de Fayard à Saint-André sans que personne l'ait défendu. Alors que les premiers faits se sont déroulés à la gare routière de Saint-André, le tribunal lui rappelle qu'il a une interdiction de séjour dans la commune suite à sa dernière condamnation et qu'il risque 18 mois pour cela. Peu importe, il répond toujours très agressif à la présidente, que "c'est là que vie ma famille et la famille, s'est sacrée. Rien ni personne ne m'empêchera d'aller là-bas. Si je vais en prison, je m'en fous", le ton est donné.

Il apparait que le conducteur du bus de Saint-André lui avait simplement fait une remarque, indique la présidente, qui demande "pourquoi vous vous êtes énervé ?". Instantanément, le prévenu s'emporte et répond : "J'étais en colère et je me suis dit que le premier qui me manque de respect, je lui nique sa vie et je suis tombé sur le contrôleur", s'agace-t-il en gesticulant. Il le menace de mort, couteau en main, et menace aussi un personnel féminin de la déshabiller et de la violer. Appelée, la police intervient et lui confisque son couteau. Le contrôleur refusant de déposer plainte, les agents le laissent repartir. Quelques heures plus tard, des troubles sont signalés aux gendarmes à la gare routière de Sainte-Marie. Un homme, qui refusait de baisser le son de son enceinte portable, a menacé de mort un médiateur de bus. Il s'agit encore une fois de Djonathan F., qui cette fois, a utilisé une paire de ciseaux en guise d'arme. Cette fois, et après avoir insulté aussi les militaires, il finit en garde à vue.

Toujours plus agressif face au tribunal, Djonathan F. est recadré sèchement à plusieurs reprises par la présidente. Il apparaît qu'il a déjà fait un séjour de trois mois à l'EPSMR et, comme il l'indique, "eux, ils veulent faire croire que je suis fou, mais moi, je sais que je suis normal". Force est de constater que son comportement soulève quelques questions même si le prévenu finit par s'excuser sans pour autant s'apaiser. "Les victimes présentent aujourd'hui entendent ses excuses", répond la partie civile qui ajoute : "On frôle un drame tous les jours dans les bus. Ces agents ont eu très peur quand on voit la personnalité explosive de ce monsieur. Ils travaillent tous les jours pour lutter contre les incivilités, pour que les voyages se déroulent dans de bonnes conditions pour tout le monde. Ils n'ont pas d'arme pour se défendre et doivent subir outrages et menaces. Ils ne sont pas payés pour subir des menaces de mort et de viol", conclut la robe noire.

Le parquet indique à son tour que "tout le monde doit apprendre à vivre en société" et poursuit ses réquisitions en insistant sur la dangerosité du prévenu : "Il y a ce premier épisode à Saint-André où il est interdit de séjour pour des faits de même nature. Quand on voit son caractère imprévisible et son délire de persécution, on se dit que c'est une personne potentiellement dangereuse, d'autant que son discours aujourd'hui est alarmant", fustige la procureure qui requiert 16 mois de prison avec maintien en détention. "Il y a beaucoup de violence et de colère dans ce dossier", répond la défense qui relève "son passage à tabac la veille" et reconnait que "cette colère semble émanée de troubles psychiatriques non traités exacerbés par un sentiment de persécution".

"Le tribunal a retenu votre caractère imprévisible et dangereux pour la société", indique la présidente au prévenu et prononce une peine plus sévère que les réquisitions du parquet de deux ans de prison avec maintien en détention.

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