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Maurice suspendue de la SADC pour ne pas avoir contribué aux missions de paix en RD Congo et au Mozambique

Ecrit par T.L. – le mardi 28 janvier 2025 à 10H59
Le Premier ministre mauricien Navin Ramgoolam

Alors que se profile à Madagascar le 45è sommet de cette organisation politique et économique, Maurice a appris la suspension de ses activités au sein de la SADC, la puissante Communauté de développement d'Afrique australe. Le précédent gouvernement ne se serait pas acquitté d'une participation de 11 millions de dollars, au titre des missions de paix en RD Congo et au Mozambique.

Pas d'alternative, Maurice devra payer la facture. Selon des sources gouvernementales citées par L'Express de Maurice, l'île Sœur n'a pas d'autre choix que de régler le montant de son engagement pour les missions de paix en République démocratique du Congo et au Mozambique, pour une somme évaluée à 11 millions de dollars (515 millions de roupies mauriciennes).

La semaine dernière, le Conseil des ministres a été informé que l'île Maurice avait été sanctionnée de toute activité au sein de la SADC (Communauté de développement d'Afrique australe) pour ne pas avoir respecté son engagement à soutenir financièrement l'effort de paix au Mozambique, où la région du Cabo Delgado est en proie à une insurrection djihadiste liée aux activités gazières de TotalEnergie, et en RD Congo, où les pro-Tutsi du M23 et l'armée du Rwanda ont récemment pris la ville frontalière de Goma.

Lire aussi : Le 2e RPIMA forme l'armée du Mozambique à la demande de l'Union européenne

Selon Le Mauricien, le précédent premier ministre Pravind Jugnauth aurait tout simplement fait la sourde oreille aux demandes de paiement de la SADC. Mais l'ex-ministre des affaires étrangères Maneesh Gobin assure pour sa part à L'Express que Maurice avait demandé une révision à la baisse de la contribution exigée.

Les Seychelles ont été exemptées par la SADC

Une manière de confirmer que l'île Sœur s'était bien engagée à participer au financement des opérations de paix, dont on sait du reste peu de choses, alors que même que les Seychelles avaient, pour leur part, négocié dans le même temps d'en être exempté.

L'archipel touristique avait fait valoir ne disposer d'aucune armée, et que le montant exigé de 11 millions de dollars représentait une somme colossale dans le budget d'un si petit pays. Des arguments que Maurice aurait tout aussi bien pu brandir devant la SADC.

La presse mauricienne assure que le nouveau patron du gouvernement Navin Ramgoolam considère l'affaire comme très délicate sur le plan diplomatique, notamment parce que le pays s'appuie de longue date sur l'Union africaine pour peser sur les négociations pour la rétrocession de l'archipel des Chagos. Impossible donc de se fâcher avec l'un des États influents de la SADC, au risque de d'affaiblir la position mauricienne dans le deal en cours pour Diego Garcia.

Navin Ramgoolam a prévu de se rendre le 15 février à Addis-Abeba (Éthiopie) au prochain sommet de l'Union africaine pour plaider la clémence et participer à l'élection du successeur du Tchadien Moussa Faki à la tête de l'institution.

L'objectif sera d'obtenir à cette occasion la levée des sanctions de la SADC, lesquelles excluent pour l'heure Maurice d'une participation au 45è sommet des pays d'Afrique australe, en août prochain à Antananarivo (Madagascar).

À noter par ailleurs que Maurice devait présider le sous-comité des finances de la SADC à partir de cette année, et venait d'être nommé membre du Comité des commissaires aux comptes de la SADC jusqu'en 2027.

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