Manquements graves à la sécurité : l’Oasis Lagoon de la Saline fermé en urgence par la préfecture

L’établissement aquatique de la Saline-les-Bains a été contraint de cesser immédiatement son activité. En cause : une série de manquements graves à la sécurité, dont l’absence de surveillance qualifiée, de matériel de secours et de plan d’intervention. Un risque de noyade jugé trop élevé pour laisser l’établissement ouvert.
C’est une décision rare, mais justifiée selon l’État. Le préfet de La Réunion a ordonné, par un arrêté en date du 1er août 2025, la fermeture administrative immédiate de l’établissement Oasis Lagoon situé route du Trou d’Eau à la Saline-les-Bains. Depuis plusieurs jours, les clients s'étonnaient de voir le parc fermé, sans aucune explication. Même sur les réseaux sociaux, aucune mention n'a été faite de cette fermeture.
Cette mesure d’urgence intervient après une inspection menée le 29 juillet par les services de la Délégation régionale académique à la jeunesse, à l'engagement et aux sports (DRAJES) et de l’Agence régionale de santé, qui ont relevé de graves défaillances en matière de sécurité.
Le rapport est sans appel : aucune surveillance assurée par du personnel qualifié pendant les heures d’ouverture, absence totale de matériel de secours, aucun plan d’organisation des secours, signalétique inadaptée sur les installations aquatiques, et impossibilité de produire une attestation d’assurance en responsabilité civile. À cela s’ajoute un contexte de forte affluence, notamment de jeunes mineurs en période de vacances scolaires.
Risques de noyade
« La défaillance globale de l’organisation des secours et de la surveillance expose les usagers, notamment les plus jeunes, à des risques de noyade », écrit la préfecture. Un risque tel qui justifie une fermeture sans mise en demeure préalable, au nom de la protection immédiate du public.
Selon le Code du sport, les établissements de baignade d’accès payant ont l’obligation de garantir un encadrement diplômé, une surveillance constante, et un dispositif de secours opérationnel. Rien de cela n’était en place au moment du contrôle alors que l’établissement propose une rivière artificielle, des toboggans et des pédiluves accessibles au public.
La réouverture ne pourra se faire qu’après une mise en conformité complète et la délivrance d’un nouvel arrêté préfectoral. Toute tentative de maintien en activité malgré l’interdiction expose les responsables à une peine d’un an de prison et 15 000 euros d’amende.
L’arrêté est susceptible de recours devant le préfet, le ministre des Sports ou le tribunal administratif, dans un délai de deux mois. Nous avons tenté de contacter la direction de l'Oasis Lagoon, sans succès pour le moment.


