Manifestation anti couvre-feu : Une activiste des Zazalé devant la justice

A Saint-Denis, Saint-Gilles, La Possession mais aussi à Saint-André… le 5 mars dernier, plusieurs rassemblements ont eu lieu dans différentes villes de l’île pour s’insurger contre le couvre-feu qui avait été relevé de 18H à 5H au lieu de 22H à 5H.
A Saint-Pierre, 300 personnes s'étaient réunies sur le boulodrome de la Ravine Blanche puis avaient défilé dans les rues de la capitale du Sud. Une Gilet jaune a comparu ce jeudi devant le tribunal correctionnel de Saint-Pierre pour avoir organisé la manifestation illégale. Une organisation que Jade, activiste des Zazalé, a démenti. C'est avant tout en tant que citoyenne que la professeure de musique s'est jointe au rassemblement." J'y suis allée en sortant du travail. La mobilisation s’est faite spontanément suite à un ras-le-bol général", a-t-elle exprimé à la barre du tribunal correctionnel après une longue journée d'audience.
Pour appuyer l'accusation, le parquet a tenté de prouver que c'était bien Jade que l'on voyait sur les vidéos de la manifestation diffusées en direct sur les réseaux sociaux, prendre la parole, donner des consignes et scander des slogans. "Je n'ai fait que relayer des propositions", a-t-elle encore assuré, expliquant que sa présence devant la justice ne tient qu'à son "exubérance" et à l'habitude qu'elle a prise de dialoguer avec les forces de l'ordre. La trentenaire, au casier judiciaire vierge, est en effet active au sein du QG des Zazalé et est connue pour ses prises de parole.
"Ce n'est pas pour étouffer les voix contestataires"
La vice-procureur Simona Pavel a tout de même voulu rassurer la prévenue sur le fait que sa filiation au Zazalé ne participerait pas à la décision finale. "Je suis profondément convaincue que l'on peut contester dans une société mais la question est celle de la limite" a, en revanche, posé la représentante du ministère public.
"Les poursuites, ce n'est pas pour étouffer les voix contestataires", a-t-elle encore assuré tout en reconnaissant que "d'autres voix s'élevaient autour de la prévenue mais sans enlever sa part de responsabilité". Une peine symbolique a ainsi été requise. "Un stage de citoyenneté pour se recentrer. La société est aussi faite de contraintes", a fait valoir la magistrate.
"Etre en tête d'un cortège ne fait pas d'elle l'organisatrice de la manifestation". N'ayant aucune preuve de l'infraction reprochée à sa cliente dans un dossier qualifié de "coquille vide" par la défense, Me Clémence Godinaud a plaidé la relaxe.
Elle a été entendue par le tribunal qui a reconnu l'absence d'éléments suffisants.


