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Malgré sa déficience intellectuelle, il est plus mature que la plupart des prévenus

Un homme de 30 ans était jugé hier par le tribunal de police de Saint-Pierre pour avoir arraché des plantes et abîmé un naco dans la résidence où il vivait. En raison de l'angoisse provoquée à l'idée d'aller en prison, le prévenu est parvenu à se reprendre en main en se sortant de l'alcool et de la rue. Un parcours d'autant plus impressionnant que les médecins évaluent son âge mental entre 6 et 9 ans.
Ecrit par Gaëtan Dumuids – le dimanche 17 décembre 2023 à 12H41
Photo d'illustration

Même si son avocat et sa tutrice faisaient tout pour le rassurer, Thomas était prostré par l'angoisse avant que son procès ne débute hier. L'homme de 30 ans était terrifié à l'idée d'aller en prison suite à son coup de colère du 20 juin 2022. Ce jour-là, énervé par le propriétaire de son logement, il avait arraché quelques plantes de la résidence où il vivait. Une autre habitante l'accuse également d'avoir dégradé l'un de ses nacos, mais ne fournit aucune preuve.

Si les infractions sont mineures et le risque d'incarcération presque inexistant, le prévenu était angoissé et restait mutique. Et pour cause, souffrant d'une déficience intellectuelle, son âge mental est évalué entre 6 et 9 ans par les experts. "Il est intolérant à la frustration et la moindre petite chose l'énerve", explique sa tutrice mandatée par la Justice. Celle-ci ajoute que Thomas travaillait avant de démissionner. Il s'est ensuite laissé entraîner par de mauvaises fréquentations et se serait mis à boire.

Clémence accordée au vu de ses efforts

Après cet épisode, Thomas a été renvoyé de son logement et s'est retrouvé à la rue pendant deux mois. Il va pourtant faire preuve de ressource et contacter le Centre médico-psychologique (CMP) pour se reprendre en main. Il arrête l'alcool et parvient à retrouver un logement. "Cette faculté-là, tout le monde ne l'a pas", le félicite le procureur qui requiert "une amende avec sursis ou une relaxe. Je ne vois pas de raison d'aller au-delà. Il faut qu'il soit accompagné le plus longtemps possible."

"Quel plaisir d'entendre des réquisitions sages qui font de la pédagogie. Cela pèse depuis des mois sur sa culpabilité. Il est en stress et avait peur de venir. Il a déjà payé avec cette procédure qui lui pèse sur la conscience depuis des mois", souligne Me Ghislain Chung To Sang.

Le tribunal va le relaxer pour la dégradation de la fenêtre, mais le reconnaît coupable pour les plantes tout en le dispensant de peine.

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