Madagascar : le bilan de la répression contesté, le couvre-feu s’installe

Alors que l’Organisation des Nations unies fait état d’au moins 22 morts et plus de cent blessés après la répression des manifestations, le gouvernement malgache dément catégoriquement. Dans ce climat de défiance, un couvre-feu a été instauré dans plusieurs grandes villes, attisant encore les tensions.
Depuis jeudi, Madagascar est secoué par des manifestations massives, menées par le collectif « Gen Z » et largement suivies par une jeunesse excédée par les coupures d’eau et d’électricité. La veille, le chef de l’État avait pris la parole pour annoncer la dissolution de son gouvernement et la nomination prochaine d’un nouveau Premier ministre, une tentative d’apaisement jugée insuffisante par une grande partie des contestataires.
Le Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme a dénoncé une répression « non-nécessaire et disproportionnée », affirmant qu’« au moins 22 personnes ont été tuées et plus d’une centaine blessées ». Selon Volker Türk, Haut-Commissaire de l’ONU, des manifestants mais aussi de simples passants auraient été abattus par balles réelles. D’autres auraient subi des coups, des arrestations arbitraires ou encore des tirs de gaz lacrymogène.
De son côté, le gouvernement malgache démissionnaire « dément fermement » ce bilan, assurant qu’« aucun chiffre officiel ne corrobore ces données ». Il appelle les organisations internationales à se méfier des « rumeurs » et à éviter toute « amplification de contenus non confirmés ».
Un couvre-feu pour ramener le calme
Pour tenter d’enrayer les débordements, un couvre-feu nocturne a été décrété à Antananarivo et dans d’autres grandes villes. Officiellement destiné à sécuriser la population et à protéger les biens, il est perçu par de nombreux manifestants comme une manœuvre de musèlement, sans réponse aux causes profondes de la colère.
Le Haut-Commissaire aux droits de l’homme exhorte les autorités malgaches à garantir le respect des libertés fondamentales et à ouvrir « des enquêtes approfondies, indépendantes et transparentes » pour identifier les responsables des violences.


