Madagascar : au moins 22 morts, Rajoelina limoge son gouvernement sous la pression de la rue

Alors que le Haut-Commissaire de l’ONU dénonce une répression meurtrière ayant fait au moins 22 morts, le président malgache a annoncé lundi la dissolution du gouvernement. Les manifestations se poursuivent à Antananarivo, où les jeunes réclament désormais sa démission.
La crise politique s’est brutalement aggravée à Madagascar. « Suivant l’article 54 de la Constitution, j’ai décidé de mettre fin aux fonctions du Premier ministre et du gouvernement », a déclaré lundi soir le président Andry Rajoelina à la télévision nationale. Cette annonce intervient au moment où la capitale Antananarivo est secouée depuis plusieurs jours par des mobilisations étudiantes et citoyennes, menées par des milliers de jeunes rassemblés autour de l’Université d’Ankatso.
Baptisés « Gen Z », ces manifestants protestent contre les coupures d’eau et d’électricité, dénoncent les atteintes aux libertés fondamentales et réclament désormais la démission du chef de l’État.
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Quelques heures plus tôt, le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Volker Türk, s’était dit « choqué par la réponse violente » des forces de sécurité. Selon un communiqué de son organisation, « au moins 22 personnes ont été tuées et plus d’une centaine blessées » depuis le début des manifestations jeudi. Parmi les victimes figurent à la fois des manifestants et des passants, mais aussi des personnes prises dans les violences et les pillages commis par des bandes opportunistes, sans lien avec les rassemblements.
Dans les rues de la capitale, les affrontements se sont multipliés entre jeunes et forces de l’ordre. Des barrages ont été dressés, les interventions policières se sont intensifiées, et les images de civils interrogés ou interpellés par des militaires ont circulé sur les réseaux sociaux. Le mouvement, qui avait démarré sur des revendications sociales, s’est mué en contestation politique frontale.
Cette flambée de colère populaire s’inscrit dans une longue histoire de crises à Madagascar, où plusieurs soulèvements ont déjà provoqué la chute de dirigeants depuis l’indépendance en 1960. En 2009, Andry Rajoelina lui-même avait accédé au pouvoir après la mobilisation ayant conduit au départ de Marc Ravalomanana. Seize ans plus tard, c’est sa propre présidence qui vacille face à une jeunesse déterminée à obtenir un changement de régime.


