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L’Usine de Ravine Glissante

Le site de Ravine Glissante a été un des plus actifs de la période sucrière de1850 à 1950. Période où la commune de Sainte-Rose se trouvait être le Pôle industriel de l’Est, avant d’être détrônée par ses voisines mieux desservies.
Ecrit par zinfos974 – le samedi 29 août 2009 à 08H01

Le sentier des pêcheurs de Sainte-Rose qui serpente parfois dangereusement vers le Sud entre les pinpins et les vagues à crêtes blanches, conduit le promeneur à la Ravine Glissante. Rien n’est visible de la route mais une fois arrivé à la balance, le chemin de droite mène à une page d’histoire. Sur un espace dégagé, des murs gris et une haute cheminée se dressent fièrement, montrant s’il en était besoin que l’endroit a abrité une activité industrielle intense. Une sucrerie et une distillerie jusqu'au milieu du XXe siècle.

 

Les premiers propriétaires du domaine ont été Jean-Baptiste et Emmanuel Faulcon-Laborie et Paul Panon Desbassayns qui décident de construire une usine pour la fabrication du sucre et par la suite une distillerie pour celle de l’alcool et du rhum. En 1843, Arthur, Thomy et Henry Lory des Landes, déjà propriétaires du domaine voisin de la Roseraye en font l’acquisition. Ce n’est qu’en 1896, que Jacques et Victor Adam de Villiers achètent le domaine et l’usine qui resteront dans la famille Adam de Villiers jusqu’en 1920.

 

C’est alors qu’elle est achetée par Joseph Mourouvin. La particularité de ce nouvel acquéreur est d’être le premier descendant d’engagé à accéder à la propriété d’un domaine sucrier et de son usine à La Réunion. Joseph Mourouvin n'est pas un débutant dans les affaires.  Propriétaire de terres agricoles à Bras Panon, il était déjà en relation avec cette usine puisqu’il en était le pricipal fournisseur en bois pour les chaufferies de la plupart des usines de l'Est.

 

L’énergie Hydraulique et le bois pour les machines à vapeur et par la suite, l’électricité y ont été les utilisés pour la fabrication du sucre de canne. L’eau nécessaire à la bonne marche de l’établissement était amenée par canal depuis une cascade de la Rivière de l’Est à quelques kilomètres de là. S’adaptant à chaque fois aux énergies nouvelles, la forte personnalité de ces différents propriétaires a permis à Ravine Glissante de résister pendant cent ans aux pressions de la centralisation et aux différents aléas économiques, dus aux deux guerres mondiales et aux isolements successifs.

 

Aujourd’hui, les vestiges de cette époque révolue se dressent face au ciel comme des témoins muets. Cet espace est empreint de mystère. Lorsqu’on s’avance, on peut encore voir des murs en pierres de taille, des allées pavées, des machines  encore sur pied qui ont résisté au temps. Les portes des fours sont encore en place. Il est certain que l’usine utilisait la force de gravité, elle se présentait sur plusieurs niveaux, utilisant la dénivellation du terrain sur lequel elle est implantée. Le bois pour la combustion débité à l’avance en morceaux réguliers arrivait par le haut de l’usine. Les cannes étaient livrées par charrettes à bœufs ou à mulets par le haut également. La plate forme qui les réceptionnait était pavée de blocs de basalte.

 

Un peu plus bas le jus de cannes brassées glissait et était réceptionné dans des chaudières où cuisait le sirop. Sous les chaudières, les foyers en briques réfractaires sont encore bien visibles. Encore plus en dessous, des couloirs aveugles conduisent sous les installations et débouchent parfois sur des impasses sombres. Les plantes envahissent chaque petit espace entre eux pierres. Cependant lorsqu’on se trouve entre les murs gris une impression de vie s’en dégage. On entendrait presque le bruit des chevaux sur l’asphalte de la route voisine, le crépitement du bois sous les chaudières et les cris des ouvriers pressés par l’urgence de la production. 

 

Lorsque l’on se retrouve sur la plate forme aujourd’hui gazonnée, de l’autre côté de l’arche, la vie reprend ses droits les jeunes du quartier ont adopté l’endroit et se retrouvent pour discuter et jouer. A la sortie de Ravine Glissante, le grand badamier qui domine la RN2 et fait face à la balance, abrite des jeunes et moins jeunes oisifs qui se retrouvent dans le souvenir d’une activité soutenue l'usine disparue depuis 1954.
La cheminée carrée de la Ravine Glissante est classée Monument historique.

 

Sources : Famille Adam de Villiers

 

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