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LREM Paris cherche référent à La Réunion

Parti présidentiel cherche référent local. Depuis hier et jusqu’à fin octobre, le parti En Marche lance un appel à candidatures visant à pourvoir le poste de référent toujours vacant depuis trois mois.

Ecrit par – le mardi 20 octobre 2020 à 09H51

Depuis ce lundi et jusqu’au 25 octobre minuit, les adhérents et élus du parti En Marche peuvent postuler à la fonction de référent LREM à La Réunion. Avec la difficulté supplémentaire, pour le parti, de trouver un référent qui devra accepter de faire une croix sur toute ambition de candidature lors des régionales ou départementales puisque le référent est censé jouer au-dessus de la mêlée.

Depuis le 30 juillet et le départ de Farid Mangrolia, c’est donc Paris qui supervise le parti présidentiel à La Réunion en la personne de Deobal Gobin. Ce dernier connaît le contexte réunionnais pour avoir été le collaborateur parlementaire de Michel Dennemont (et non de « Michel Vergoz » comme mentionné par erreur à la publication), sénateur. Le jeune Guyanais assure donc l’intérim en tant que responsable Outre-mer En Marche (depuis 2019) mais le passage de relais doit s’opérer rapidement, à cinq mois des élections.  

Lorsqu’En Marche a la chance de disposer d’élus, ils sont peu influents

Avec son futur référent, le parti devra remédier au déficit de notoriété qui plombe En Marche depuis des années. 

Jusqu’à présent, le parti a appliqué la même méthode de désignation d’un référent peu connu. Ce qui correspondait à la ligne de rupture voulue par un parti naissant il y a quatre ans. Les trois référents désignés successivement (Carine Garcia, Henri Chane Tef, Farid Mangrolia) partaient tous avec cette force que représentait un renouvellement politique voulu et assumé mais qui générait aussi un handicap. Difficile en effet d’en imposer face à des élus légitimés par le peuple.

Selon des partisans du jeune parti présidentiel, Paris serait inspiré de changer de braquet en désignant cette fois un visage connu. Ils en font même une question centrale puisque c’est à travers ce leadership que la machine électorale pourra rebondir après plus de trois ans de mandat présidentiel. 

Un signe flatteur permet d’y croire. Il y a trois mois, 108 sympathisants du parti ont manifesté leur intérêt à représenter le parti à une échelle locale. Ce qui représente déjà un beau vivier de bonnes volontés. Restera à mettre en branle les instances qui vivotent, sans référent. 

A La Réunion, le parti En Marche est piloté par deux instances. Le COTER (comité territorial), qui est composé des animateurs locaux, des adhérents et des élus qui y siègent de droit comme notamment le sénateur Dennemont ou encore le député européen Stéphane Bijoux, discute des grandes orientations du parti. A ses côtés figure le comité politique (le COPOL) qui décide des investitures, des alliances avec tel ou tel parti ou encore des négociations d’entre-deux tours par exemple. Selon nos informations, il ne s’est réuni qu’une seule fois sous la houlette du dernier référent.

Le poste de référent des Jeunes Avec Macron est aussi à pourvoir

Dans la même fournée de mise à jour de l’organigramme du parti, la désignation d’un successeur au poste de référent des Jeunes Avec Macron est lui aussi à pourvoir, Stéphane Randrianarivelo ayant dépassé l’âge pour y prétendre mais aussi et surtout appelé à occuper la fonction de coordinateur Outre-Mer des Jeunes Avec Macron depuis juillet.

« Le problème de LREM à l’échelle du territoire de La Réunion aujourd’hui c’est un  problème d’implantation car on n’a pas beaucoup d’élus. Et lorsqu’on en a, ils sont de seconde zone car ils sont élus dans le cadre d’une majorité municipale, départementale ou régionale. Leur loyauté, avant de se réclamer du parti, elle va vers le maire qui leur a permis d’être élu. Pareil pour les vice-présidents du Département ou de la Région. Ceux qui peuvent aujourd’hui s’affirmer librement d’En Marche, idéologiquement, ce sont ceux qui n’ont pas de légitimité populaire parce qu’ils n’ont pas réussi à se faire élire en leur nom », nous affirment ces mêmes proches du parti EM.

« Il faut ajouter à cela qu’il y a beaucoup d’élus d’exécutifs locaux qui ont envie de créer le lien avec Paris pour faire valoir leurs dossiers, sans même passer par les instances locales En Marche. Donc le parti est pris dans ce double jeu : renforcer un parti local et l’aider à se structurer mais aussi, dans le même temps, ne pas froisser les représentants d’exécutifs locaux pour permettre au Président de la République d’être réélu en 2022 », illustrent-ils ce dilemme. La fin du turn over à la tête du parti sera d’ailleurs l’immense défi du prochain référent territorial. 

« Depuis le début de la vie du parti à La Réunion, les mêmes méthodes ont été employées : c’est-à-dire que Paris a éjecté le référent local et a fait table rase du passé à chaque fois. Les prochaines échéances électorales arrivent dans cinq mois, il ne peut plus se permettre de redémarrer de zéro », concluent-ils.

Malgré l’effet de nouveauté largement entamé depuis le lancement d’En Marche en avril 2016 et l’usure du pouvoir, le parti compte tout de même à La Réunion 2500 adhérents à jour de cotisation.

 

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