L’ONF alerte sur les arbres indigènes menacés par le changement climatique

Des dépérissements constatés et des forêts en danger, L’ONF met en garde sur les arbres menacés dû au réchauffement climatique. Pour l’occasion, l’ONF ressort un programme bien connu des Réunionnais.
47 espèces d’arbres endémiques ont un avenir incertain à cause du réchauffement climatique. Un chiffre qui sent le sapin. Concrètement, le bois blanc, le petit natte ou encore le tamarin des hauts sont les plus en danger. “Globalement, ce sont les espèces à gros fruits qui sont menacées, car aujourd’hui, il n’y a plus de disséminateur”, pointe Julien Triolo, responsable du pôle écologie de l’ONF.
L’ONF a réalisé une étude ayant permis de recenser 112 espèces indigènes d'arbres, dont 49 endémiques, faisant ainsi de La Réunion le DROM qui compte le plus grand nombre d'arbres endémiques rapporté à sa surface.
Les arbres indigènes ont un désavantage. Celui de ne pas pouvoir migrer rapidement dans des zones qui leur seraient plus favorables en cas de changement climatique. Déjà aujourd’hui, sans l’intervention de l’homme, pour assurer l’espèce, ces derniers sont condamnés.
“Lorsque des centaines d’espèces peuplent une forêt, l’impact est faible. Cependant, lorsqu’il y a un dépérissement d’une zone avec une seule espèce, c’est toute la zone qui disparaît”, alerte le spécialiste.
Dès lors, certaines zones du Maïdo, les forêts sèches de l’Étang Salé ou encore la forêt de Mare Longue à Saint-Philippe sont concernées. “Il y a de grands risques que ce qui est adapté au climat passé ne soit plus adapté dans un climat futur”, poursuit Julien Triolo.
Allons “bat karé en forêt” !
“Bat karé en forêt”. Un nom familier pour certains. À l’origine, il s’agissait d’une bande dessinée distribuée par l’ONF à un peu plus de 40.000 exemplaires dans les années 90 dans les écoles de l’île.
Aujourd’hui, à l’ère du numérique, l’organisme récupère le même concept, mais l'adapte en dessin animé, tout en gardant le même principe : sensibiliser les plus jeunes. Les marmailles suivront la famille Rivière et leurs aventures en forêt. “Les thématiques qui ont été développées à l’époque restent tout à fait d’actualité”, pointe Benoît Loussier, directeur régional de l’ONF Réunion-Mayotte.
Ce qui change tout de même, ce sont la fréquentation des sentiers et le climat. En 10 ans, l’ONF recense 50% de fréquentation supplémentaire. De même, La Réunion a enregistré un réchauffement de 1°C durant la période 1968-2023. Si ce chiffre paraît minime, les projections climatiques prévoient dans les scénarios pessimistes une augmentation jusqu’à +3,5°C sur l’île.
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