Logements sociaux à Beauséjour: La grogne des habitants des Bambous

"Les référents de la SHLMR ou de CBo passent, prennent des notes, mais rien ne se passe", déplore Julie*, résidente dans un logement social de la résidence les Bambous, située en pleine ZAC de Beauséjour. Cette mère de famille, qui vit là avec son fils depuis moins de cinq mois, ne supporte plus les problèmes de son appartement. "Ce n'est pas parce que l'on vit dans un logement social avec un loyer faible que l'on ne doit pas s'occuper de nous", déplore-t-elle.
Extérieurement au premier abord, la résidence des Bambous semble paisible et plutôt bien conçue. Mais en regardant de plus près, de nombreuses malfaçons sautent aux yeux. "Ma baie vitrée ne ferme plus depuis plus d'un mois. Tout le monde s'en fout et on peut rentrer chez moi pour tout voler", se plaint Julie. Autre constat fait par plusieurs habitants, un problème au niveau des cuisines des appartements. "Elles sont en placo du mur au plafond. On ne peut pas mettre de gazinières ou de plaques de peur de mettre le feu à la cuisine", explique Robert*. Lui aussi habite là depuis quelques mois et ne cache pas sa colère, excédé par la situation. "Personne ne nous écoute et ne vient nous voir. On ne profite pas de nos appartements. Par exemple, si on se trouve sur notre terrasse on ne peut pas rester, aucune protection n'a été installée et dès qu'il pleut tout est inondé", peste-t-il.
"(...) Vous entendez le voisin du dessus se brosser les dents"
Plus grave selon eux, les salles de bains et toilettes ne seraient pas suffisamment ventilées. "La VMC ne fonctionne pas. Elle est là juste pour faire beau", explique Julie. Entre la douche et le mur, pas de protection ni de carrelage. Résultat, après cinq mois d'utilisation, le mur est moisi et des champignons se développent. "Je suis obligé de gratter pour faire partir les champignons. Mais le mur commence a être usé", poursuit-elle. "On a l'impression que les logements ont été construits avec des matériaux bas de gamme qui ne résistent pas", ajoute-t-elle. "Quand vous êtes dans le salon vous entendez le voisin du dessus se brosser les dents. Charmant n'est-ce pas !", lâche-t-elle.
A l'extérieur, même constat. Sur le parking, les luminaires empêchent les véhicules de se garer facilement et les résidents ont dû arracher les arbustes. Ils étaient plantés devant les places de parking. Impossible pour les résidents d'y mettre leur véhicule. Dans les allées, il n'y a pas d'évacuation d'eau en face des entrées d'immeubles. "Résultat, dès qu'il pleut fortement, tout est inondé", explique Julie. Le "ras-le-bol" semble général pour les habitants de la résidence les Bambous. "On est déjà en train de songer à créer une association pour demander des comptes à CBo et à la SHLMR", souligne Robert. Mais les habitants s'interrogent sur la durée de vie de ces constructions. "En cinq mois d'existence, la résidence est confrontée à de nombreux problèmes et se dégrade rapidement. Qu'est-ce que se sera dans cinq ans ?", s'interroge-t-elle.
La SHLMR au courant des problèmes
Du côté du promoteur, CBo Territoria, on nous a renvoyé vers la SHLMR. La Société anonyme d'habitations à loyer modéré de la Réunion dit être au courant des problèmes. "Il s'agit d'une VEFA (vente en état futur d'achèvement ndlr). Si nous sommes gestionnaire des Bambous, nous avons un an de garantie parfait achèvement", explique la direction. Dans le cadre d'une VEFA, le promoteur doit se doter d'une Garantie financière d'achèvement (GFA). Elle répond à l'obligation Code de la construction et de l'habitation et donne à l'acquéreur la certitude qu'en cas de défaillance du promoteur, le financement de l'achèvement de l'immeuble est garanti. La SHLMR assure faire le "nécessaire" pour pallier aux problèmes remontés par les locataires des Bambous. "Les réclamations des locataires sont en cours de traitement auprès de nos services", conclut-elle.



