L'incroyable audace des voleurs d'un poulain à Saint-Leu

Le vol d’un poulain dans la nuit de mardi à mercredi à Saint-Leu réveille les mauvais souvenirs de l’an dernier pour leurs propriétaires. Si deux cas avaient été médiatisés, ces éleveurs ont appris qu’un confrère a lui aussi perdu un poulain, subtilisé.
Le poulain volé dans la nuit de ce mardi à mercredi à Saint-Leu n’était donc pas le troisième sur la liste mais le quatrième. En allant porter plainte ce mercredi matin à la gendarmerie, la propriétaire de ce poulain a appris qu’un autre passionné avait vu son animal disparaître.
Après le vol de Nectar dans le pâturage de Michel Apaya en octobre plus celui d’un poulain de Bettina Myrtho en ce même mois d’octobre 2023, une autre personne a donc franchi la porte d’une brigade de gendarmerie sans toutefois vouloir médiatiser sa mésaventure.
Ce sont donc quatre jeunes équidés qui ont été enlevés à leur mère ces trois derniers mois à La Réunion.
Les propriétaires habitent à 50 mètres de l'enclos
Dans le dernier forfait opéré par le ou les voleurs de Saint-Leu, le summum du toupet a été atteint puisque les indélicats se sont introduits sur le paddock en présence des propriétaires habitant à cinquante mètres de là. "On a entendu la maman hennir", raconte Bettina Myrtho, la propriétaire aux désormais deux chevaux subtilisés. Mais une fois arrivée vers l'enclos, le petit n'était déjà plus là. "On a même pas vu de phare au loin", ajoute-t-elle. Aucun bruit de moteur ne les avait d'ailleurs réveillés.
Le poulain volé était dans un rond de longe, autrement dit un espace clos, avec sa maman. Le poulain est né le 22 décembre 2023 en étant prématuré de quelques jours, ce qui se ressentait sur ses premiers pas, fragiles. Il faisait l’objet d’une attention toute particulière ces derniers jours et il n’avait pas encore été baptisé.
Bettina Myrtho est désabusée. Une naissance demeure un événement rare, après 11 mois de gestation. Âgé de seulement deux semaines et demi, le poulain pouvait être transporté à bout de bras vu son faible poids, ce qui a sans doute aidé à la réalisation de ce forfait qui n’en demeure pas moins affligeant car il peut clairement condamner le cheval. "A moins qu’ils arrivent à substituer le lait maternel par du lait de vache", explique une responsable d’un centre équestre mais vu la santé fragile du petit, rien ne garantit le succès de cette opération qui aurait pu être menée "par un agriculteur" tente-t-elle de cerner le profil des intrus.
Leur audace est d'autant plus étonnante que les propriétaires de ce nouveau-né d'à peine trois semaines avaient justement pris grand soin de ne pas ébruiter sur les réseaux sociaux ce moment pourtant heureux.


