L’histoire belge d’un trafiquant de zamal entre La Réunion et l’île Maurice

Mardi, Jean-François F., soupçonné de trafic de stupéfiants, a tenté de retrouver la liberté devant la chambre de l’instruction. En vain.
Le hasard a parfois du bon. L’histoire émerge sur un banal contrôle d’identité opéré par les policiers au tout début du mois de décembre. Ils arrêtent un véhicule avec deux personnes à bord et font signe au conducteur pour qu’il montre ses papiers. Inévitablement, celui qui est derrière le volant se doit d’ouvrir sa vitre.
Des sacs siglés « AK-47 » remplis de 48 kilos de zamal séché
Là, des effluves emplissent les narines des policiers. Cet arôme - généralement dépeint comme terreux, boisé et herbacé dont il se dit qu’une seule tête peut parfumer toute une pièce – ne peut pas les tromper. La voiture contient indubitablement du zamal. Et pas qu’un peu… En fouillant le véhicule, les policiers découvrent plusieurs sacs barrés de la mention « AK-47 ». A l’intérieur, ce ne sont pas des fusils d’assaut en pièces détachées mais pas moins de 48 kilos d’herbe séchée.
Le couple se retrouve en garde à vue. L’un des occupants révèle aux enquêteurs qu’ils étaient en train de convoyer la cargaison destinée à rejoindre l’île Maurice. De fil en aiguille, le nom de celui qui doit réceptionner l’herbe est livré aux policiers.
Patron d’une société de gardiennage et propriétaire d’un bateau
Jean-François F. se retrouve à son tour en garde à vue. La perquisition effectuée à son domicile est moins fructueuse. Il n’y a qu’un rouleau de 400 grammes d’herbe séchée et un malheureux pied de zamal incapable de produire les 48 kilos contenus dans le véhicule. En s’intéressant de près à cet homme qui exerce la profession de patron d’une agence de sécurité, les enquêteurs découvrent qu’il est aussi propriétaire d’un bateau.
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Se serait-il inspiré d’un ex-directeur de cabinet toujours incarcéré et qui aimait un peu trop Maurice ? Les policiers le suspectent. En exploitant son téléphone portable, la piste se précise. Sur des messages, Jean-François F. s’inquiète de savoir si les conditions météo entre l’île Maurice et La Réunion sont propices à la navigation.
La fable de la femme qui voulait exfiltrer un Belge
Interrogé sur son projet de voyage dans l’île sœur, le patron de société de gardiennage raconte une drôle d’histoire aux enquêteurs. Il aurait été contacté par une mystérieuse femme qui souhaitait exfiltrer quelqu’un de l’île Maurice pour le rapatrier en misouk à La Réunion. Qui est ce personnage soucieux de mettre les voiles ?
Jean-François F. continue de raconter ce qui ressemble à une fable. L’homme est soi-disant un Belge assigné à résidence. Bien sûr la présence des 48 kilos de zamal dans le véhicule n’est que pure coïncidence. Il soutient être étranger au trafic. Dans ces conditions, le suspect a été mis en examen et placé en détention provisoire le 4 décembre dernier.
Un trafic ancien et d’ampleur avec Maurice
Amené à requérir sur sa demande de remise en liberté sous contrôle judiciaire, la procureure générale adjointe souligne que « de nombreuses investigations restent à mener étant donné l’ampleur et l’ancienneté de ce trafic d’herbe de cannabis entre La Réunion et l’île Maurice ». Qui sont les transporteurs, les fournisseurs et les donneurs d’ordre mauriciens ?
Ce n’est évidemment pas grâce à l’histoire belge racontée par Jean-François F. que les policiers vont répondre à la question. La magistrate ne manque pas d’indiquer encore que le suspect « conteste les faits ». Mais aussi qu’il y a « un risque de réitération de l’infraction et de fuite ». Autant de motifs qui ont conduit les magistrats à maintenir Jean-François F. en prison pour un bon moment sans doute.


