Lettre ouverte au pape François

Très Saint Père,
Voilà un demi-siècle que les chrétiens de France sont soumis à une traduction aberrante de la 6e demande du Notre-Père.
La traduction d’avant le Concile était fort juste et nous faisait demander à Dieu que nous ne succombions pas à la tentation.
Pour une raison que j’ignore les traducteurs français ont commis la pire traduction qui pouvait être faite en nous faisant demander à Dieu qu’Il ne nous tente pas, comme si Dieu et le Tentateur n’avaient qu’un seul et même objectif : la soumission des hommes par la tentation.
La traduction anglaise est identique et demande : Don’t lead us (ne nous conduis pas).
Il est intéressant de noter que l’espagnol et le brésilien évitent cette erreur de traduction et disent : Ne nous laisse pas tomber dans la tentation.
Alors, puisque l’on s’est rendu compte, au bout de 50 ans, que l’actuelle traduction française clochait, pourquoi la remplacer par une autre tout aussi bancale ?
Maintenant, on demande au Père de ne pas être exposé à la tentation (« Ne nous laisse pas entrer en tentation).
Le Christ, Lui, a bel et bien été soumis à la tentation au désert par Satan et nous, nous devrions en être exemptés.
Quel culot ! Quel orgueil !
Et la formulation à la forme négative est… très négative ! ! !
Pourtant, ce ne sont pas les bonnes traductions qui manquent ! Négativement :
- Ne nous laisse pas succomber à la tentation
- Ne nous laisse pas tomber dans la tentation
- Ne nous laisse pas sous le joug de la tentation (ma traduction)
- Ne nous laisse pas subir les fourches caudines de la tentation (ma traduction)
- Ne nous laisse pas dominer par la tentation (ma traduction)
Infiniment mieux, positivement :
- Et rends-nous vainqueurs de la tentation (ma traduction)
- Et rends-nous victorieux de la tentation (ma traduction, celle que je préfère, car sa formulation est positive et garde le même nombre de syllabes que la version contestée française, ce qui permet de toujours chanter sur les belles mélodies de Korsakov et de Duruflé).
Recevez, Très saint Père, l’assurance de mes sentiments respectueux et fraternels.
Armand Gunet


