Les hydrates de méthane : un dernier poison pour la vie

Cela se présente sous formes de flocons de neige sale : de l’eau enfermant des molécules de méthane. Appelé aussi clathrates de méthane, ils représentent une réserve de 2500 milliards de tonnes de carbone (par comparaison, 1900 milliards de barils de réserve mondiale pour le pétrole, soit 250 milliards de t, et 900 milliards de t de réserve mondiale pour le charbon). On les trouve sous les pentes océaniques, sous les fonds marins, et dans le pergélisol (sols glacés du nord canadien ou de Sibérie).
Le méthane a un effet de gaz à effet de serre 23 fois supérieur au gaz carbonique, bien que de durée moindre dans l’atmosphère.
Les Chinois reviennent d’une campagne de deux mois en mer de Chine, et revendiquent une percée majeure dans l’extraction des clathrates, jusqu’à présent trop chers à l’extraction. Ils en ont « récolté » 235000 m3. Cette manne va modifier la ruée vers l’Eldorado énergétique. On oubliera vite les résolutions de la COP21. Or la trajectoire actuelle de la consommation fossile tend vers +3°C le réchauffement climatique. Comment empêcher le scenario du Club de Rome : « business as usual », « avant tout le business », qui nous conduit dans le mur d’une Terre inhabitable ?
Les scientifiques retiennent trois problèmes dans le changement climatique :
L’instabilité de la banquise antarctique ayant conduit les occupants d’une station scientifique britannique à déménager ; La fonte accélérée de la banquise arctique, ce qui va diminuer son effet albédo (sa capacité à réfléchir les rayonnements solaires), qui met en route une rétroaction négative : le réchauffement entraîne la fonte des glaces, l’effet albédo s’en trouve diminué, ce qui accélère le réchauffement.
La fonte du permafrost, qui va libérer encore plus de clathrates, tandis que les villages sibériens s’enfoncent dans la terre meuble.
On pense qu'un dégel massif des hydrates de méthane a eu une importance considérable dans la gravité de l'extinction permienne qui vit disparaître 95 % des espèces marines et 70 % des espèces continentales, il y a 250 millions d'années. Quel est le moteur de tout cela ? Il se pourrait que la déclaration de George Bush senior, en 1992 à la conférence de Rio, « The american way of life is not negotiable », « le mode de vie américain n’est pas négociable », soit le déclencheur. Taper sur Trump, facile, surtout lorsqu’il prétend que le réchauffement climatique est une cabale chinoise. La phrase de Bush senior est bien plus significative. Elle indique que remettre en cause la construction des autoroutes, la filière agro-industrielle, les accords commerciaux internationaux, …, est impossible. Notre mode de vie si délétère pour notre habitat reste intouchable. COP21 ou pas.
Dr Bruno Bourgeon, président d’AID
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