Les grands requins blancs suivis à la trace dans l'océan Indien

Le tempérament voyageur du requin blanc est bien connu des scientifiques. Encore fallait-il en apporter des données scientifiques précises.
L'obstacle technique a été levé par une équipe d'études sud-africaine. Après avoir été tagués par une balise émettrice, les seigneurs des mers sont suivis jour après jour par satellite. Si, dans l'ensemble, la trentaine d'animaux jusque-là marquée se contente de longer la côte sud-africaine, certains spécimens balayent toute la zone australe de l'océan Indien. Certains s'aventurent même le long du canal du Mozambique où parfois leurs émetteurs s'estompent.
Les scientifiques ne sont pas dupes : En face des pays comme le Mozambique, le requin blanc n'est plus protégé. "Il finit le plus souvent dans des filets de pêche", explique les scientifiques du programme Ocearch Global Shark Tracker.
Le constat est dressé par Ryan Johnson, directeur d'"[Oceans Research]urlblank:http://www.ocearch.org/ " : "contrairement à l'Afrique du Sud, le grand requin blanc ne fait pas partie des espèces protégées au large du Mozambique, ce n'est donc pas illégal de les pêcher, ce qui rend cette espèce particulièrement vulnérable".
"La preuve que les réglementations ne suffisent pas", est illustré par le cas de Brenda, un requin femelle ainsi dénommé après avoir été marquée par l'équipe de recherche. Son signal a émis sur la terre ferme pour la dernière fois qu'il a été localisé. "La balise n'aurait pris que des années avant de se désolidariser de l'animal", explique le scientifique qui n'a pas de doute sur le sort réservé à l'animal.
Plus étonnant que le cas de Brenda, d'autres prédateurs comme "Cyndi" (voir le trajet plus bas) ont été suivis jusque dans les eaux Sud de la Réunion, certes bien au large. Un cas, celui du requin dénommé Maureen, a même fait le trajet d'Afrique du Sud pour rejoindre l'Australie… avant de revenir vers le Cap. "Un cas sans précédent" dans la base de données naissante de Ocearch Global Shark Tracker.



