Les femmes de la Réunion dans tous leurs Etats... généraux

Elles, mais aussi ils, sont chefs d'entreprises, éducatrices, membres d'associations, ou encore médecins, et sont bien déterminés à améliorer le statut de la femme.
Leur marraine, la sénatrice Anne-Marie Payet, leur apporte bien évidemment son soutien mais a surtout promis d'"essayer de concrétiser, par voie législative, les propositions suscitées par le débat".
Parmi les personnes présentes hier après-midi au Grand Marché de Saint-Denis, il y avait aussi des hommes qui auront leur rôle à jouer dans les Etats généraux ... des femmes.
"Ces Etats généraux des femmes de la Réunion sont nés de rencontres, de confidences, et d'une nécessité, puisque leur représentativité était limitée pendant les Etats généraux d'Outre-Mer", explique Fabienne Couapel-Soret, co-organisatrice avec Geneviève Payet.
Les débats seront divisés en trois ateliers : "Femmes et situations précaires", "Femmes et économie", et enfin "Mixité, Parité, Image".
"Pas sexistes, pas sectaires"
A la tête de ces ateliers, différentes personnalités issues d'horizons différents, des femmes, certes, mais aussi des hommes, dont un est à la tête de l'atelier "Femmes et situations précaires".
Denis Lamblin, pédiatre de métier et président du SAF, se propose d'aller à la rencontre des difficultés, quelles qu'elles soient, éprouvées par les femmes dans leur quotidien. "La précarité chez ces femmes est issue d'une rupture sociale, professionnelle, et ces facteurs accumulés vont les amener à être exclues", dénonce-t-il.
"Nous ne sommes pas sexistes, nous ne sommes pas sectaires", insiste Fabienne Couapel-Soret, qui a organisé les débats avec Geneviève Payet, présidente de l'ARIV (Antenne réunionnaise de l'institut de victimologie). "Il était nécessaire que des hommes soient présents à ces réunions car ils les côtoient tous les jours", explique-t-elle.
Débats publics, entretiens "intimes"
Marie-Andrée Lacroix, qui dirigera elle aussi l'atelier "Femmes et situations précaires" entend aller vers elles, dans les quartiers, avec des questionnaires pour qu'elles contribuent au débat avec leurs idées.
Si certaines femmes ne pourront assister aux débats faute de temps, c'est donc le débat qui ira à elles. Dolores Pelops, de l'atelier "Mixité, Parité, Image", mais aussi présidente de l'association "Agir pour les femmes", va dans le même sens : "Il faut aller au coeur des quartiers, pour faire que tous ceux qui se sont un jour sentis victimes d'injustice puissent nous le dire".
Geneviève Payet tient à mener, en plus des débats publics, des entretiens, pour le "côté intime, pour aller à tous les niveaux, avec l'aide des associations pour nous ouvrir les portes".
Les présidents d'ateliers, deux par deux, prendront donc rendez-vous avec différentes femmes, dans l'objectif d'aller à la rencontre de leurs difficultés les plus personnelles.
La parité à l'honneur
"La parité a été respectée dans chaque atelier", insiste Fabienne Couapel-Soret. Dans chaque atelier, il y aura au moins un homme président ou vice-président, et plusieurs autres en tant que "rapporteurs".
Ces Etats généraux donneront lieu à un rapport global, puis une synthèse, "pour aboutir à des propositions concrètes adressées aux pouvoirs publics", ont assuré les acteurs des débats.
Geneviève Payet, l'autre organisatrice de l'événement, s'est engagée à la création d'un "comité de suivi, qui vérifiera la trajectoire du rapport dans chaque organisme où il sera déposé".
En métropole aussi, ces Etats généraux auront lieu, puisqu'ils sont là-bas l'initiative du magazine féminin "Elle", et avec la collaboration de Simone Veil.
En attendant, les premiers débats sont imminents : le premier concernera l'atelier 2, "Femmes et économie", à l'hôtel de ville de Saint-Pierre à 15h.
Un site internet est consultable et donne le calendrier pour chaque atelier, ainsi que les questionnaires autour des différents thèmes, au http://www.femmes974.info.


