Les Chroniques de Tonton Jules - #154 : L'espoir malgré les catastrophes

Plus assez de soldats en Russie ?
Les rangs de l’armée russe sont dangereusement clairsemés par les temps qui courent. Non seulement la plupart des conscrits refusent de répondre à l’appel ; non seulement les familles ne veulent plus expédier leurs jeunes se faire viander sur le front ; non seulement les sinistres Wagner refusent de s’enrôler dans les troupes régulières… faute de grives, on mange des merles. Pour compenser ses effectifs de plus en plus dérisoires, voilà-t’y-pas que Poutine kidnappe les jeunes Cubains venus faire leurs études en Russie ! Jurant ses grands dieux qu’il ne s’agit que d’un fake malveillant.
L’empathie de l’administration rectorale
Ses parents avaient plus d’une fois alerté le système éducatif dans ce collège de Versailles et déposé des mains courantes à la police. L’administration rectorale n’a rien fait et le jeune garçon s’est donné la mort. Ubu, lui, n’est pas mort. La détresse de la famille ? Il y a plus important : la sacro-sainte réputation de l’administration. Pour bien montrer sa compassion, l’administration s’est fendue d’une menace de représailles légales envers la famille du jeune martyr. A-t-elle une seconde songé à l’immense détresse sur laquelle elle affale son rectal ?
« Cette lettre est une honte », a dit le ministre Attal. Une honte seulement ?
Mortel téléphone
De l’autre côté de l’arrêt de bus, boulevard de la Providence, une mère, la quarantaine, est très occupée à dire des choses dans son portable. Sans se soucier un instant de ses deux gamines, 6 et 4 ans à la louche. Cet âge n’est pas celui où l’on se soucie des dangers. Et Dieu sait s’il y en a sur la voie publique.
Le bus arrive. Ah ! c’est le moment de traverser la chaussée en coup de vent, portable coincé entre oreille et épaule. Un coup de gueulante envers les mômes pour qu’ils suivent. Presque arrivée de l’autre côté, elle prend le temps d’enguirlander les fillettes pour vérifier qu’elles suivent le mouvement et se carapate histoire de ne pas rater la navette dans laquelle elle s’engouffre sans vérifier que les gamines sont là aussi : le portable est bien plus important.
Le portable ? Une arme de catégorie 1 !
Audrey Coridon : « pourquoi ? »
Cette dame, s’étendant sur le harcèlement à l’école, a posé cette question : « Mais pourquoi des jeunes font-ils du mal à leurs camarades ? »
La réponse est évidente, chère Madame : rien n’est plus féroce envers un jeune que d’autres jeunes, surtout quand ils sont en meute.
Mais on vous remercie quand même d’avoir posé la question. Plus on tape sur le clou…
Jacky Revel
Je ne passe pas mon temps qu’à critiquer ; j’adore par-dessus tout relever ce qui se fait de bien sur nos ondes télé et radio. Ainsi Jacky Revel de la 1ère.
En voici un qui aime créer et il a une imagination débordante. « Ki sa la di », c’était lui. Une fois cette émission bien lancée, il l’a confiée à d’autres. Aujourd’hui, il s’attaque à « Sa mon péi », que j’ai visionné avec curiosité et m’en suis trouvé fort bien.
Ce présentateur s’en va à la rencontre des gens de notre île et ne s’en sert jamais pour se mettre en vedette ! Tout au contraire, il pose à ses invités de très intelligentes questions leur donnant l’occasion de se révéler sous leurs meilleurs angles. Il interroge des Réunionnais à qui l’on donne trop peu l’occasion de dire leur vécu.
Il pose ses questions, simples, et ne les coupe jamais en pleine parole. On est loin du sinistre MOF.
Longue vie à cette performance !
Canal des Pangalanes : une merveille mais aussi une monstruosité

« Archipel » est un documentaire de haute volée et j’essaie de n’en pas rater une : il est bon de savoir ce qui se passe chez nos cousins d’outre-mer.
L’émission consacrée au Canal des Pangalanes n’a pas failli à la tradition. Avec des images d’une époustouflante beauté. et des commentaires idoines. Je regrette seulement une omission :
Ce Canal est une performance technique, soit. Il relie Tamatave à Farafangana, aux portes du grand Sud malgache, plusieurs milliers de kilomètres. Un désenclavement qui mériterait d’être porté au patrimoine mondial. Mais à quel prix aussi !
Comme les travailleurs malgaches ne voulaient pas se laisser enrôler, les administrateurs français ont institué de travail forcé. Les « protecteurs ! » (Madagascar était alors un protectorat français) ont ainsi enrôlé, pour un salaire de misère, des milliers de travailleurs chargés de creuser ce canal avec des instruments de fortune, de longues journées durant, sous le soleil ou la pluie. Et quand on sait le soleil et les pluies diluviennes de la côte Est de la Grande Île, on frémit.
Le résultat est là le Canal existe… au prix de dizaines de milliers de morts.
C’était beau, la colonisation.
« Poisson navire »… « poisson larmé »

C’est le nom donné chez nous à une des variétés de ptéroïs volitans, ou rascasse volante, devenue un énorme prédateur dans les Antilles-Caraïbes : il avale tout ce qui se présente de plus petit que lui. Le reportage télé était très bon.
Ce poisson, très beau avec ses rayures rouges et blanches et ses excroissances en forme de plumes et d’ailes, est aussi d’une dangerosité sans égale. Ses cinq premières épines dorsales contiennent un venin létal.
Vous pouvez en acheter sans souci auprès de nos pêcheurs professionnels. Ils auront pris la précaution, avant de vous le vendre, d’éliminer les excroissances mortelles.
Pour le reste ? C’est une des chairs les plus fines de ma connaissance avec le petit « prude marron » !
C’est avec un poisson larmé que j’ai réalisé le plus succulent poisson au gingembre de ma vie. Mon frère èk sa famille la frotte riz blanc dan’ marmite po pas perde la sauce !


