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Visite d'Emmanuel Macron : les agriculteurs attendent du « concret »

Ecrit par Philippe Madubost – le lundi 21 avril 2025 à 14H00
A quelques heures du début de la visite présidentielle dans l’île, FDSEA et JA mettent la pression sur l’Etat en disant attendre des « mesures fortes ».

À quelques heures de l’arrivée dans l’île du président de la République et de la ministre de l’Agriculture, la FDSEA et les Jeunes Agriculteurs ont rappelé ce matin leurs attentes. Face aux enjeux multiples qui touchent le monde agricole, ils attendent des annonces « fortes » et du « concret », sur le court comme sur le long terme.

Pour les deux syndicats, la double visite et les annonces du ministre de l’Outre-Mer n’étaient qu’une première réponse apportée à l’urgence et aux maux profonds dont souffre l’agriculture locale. Lors de leur rencontre prévue mardi en début d’après-midi dans un champ de canne à Saint-Benoît avec la ministre de l’Agriculture et de la Souveraineté Alimentaire, Annie Genevard, les agriculteurs attendent du « concret » et des annonces à la hauteur des enjeux et des attentes.

« Vu les dégâts que nous avons subis, pour rappel plus de 180 millions d’euros dans le seul secteur agricole, les annonces faites par Manuel Valls sont loin du compte. Elles ne représentent même pas 10 % des dégâts que nous avons subis. On est là pour dire à l’État de ne pas nous oublier parce que c’est l’impression qu’ont les agriculteurs, qu’ils sont les grands oubliés de cette visite », clame d’entrée le président des Jeunes Agriculteurs, Guillaume Sellier, lors d’une conférence de presse conjointe organisée ce matin par les deux syndicats devant l’usine de Bois-Rouge.

« Des mesures fortes et urgentes »

L’éleveur et planteur de Sainte-Anne fixe le cap : « Nous avons besoin de mesures fortes et urgentes, on ne cesse de le répéter, ce que nous faisons une nouvelle fois. » La stratégie est connue, il ne reste plus qu’à flécher les moyens poursuit-il : « Les différentes filières ont travaillé sur des propositions qui ont toutes été remontées et pour lesquelles nous attendons toujours des réponses. C’est déjà sur la table. »

Une référence aux travaux menés au sein du Comité de Transformation Agricole, justement créé à la suite de la dernière visite d’Emmanuel Macron qui avait alors fixé le cap de l’autonomie alimentaire en 2030. Des travaux qui ont donné naissance à un Plan Régional de Souveraineté Alimentaire (PRSA), signé en octobre 2023 par le préfet de La Réunion et les acteurs de l’agriculture locale, et qui fixe pour chaque filière des objectifs chiffrés ainsi que les écueils à lever pour y parvenir (financements, foncier, main-d’œuvre, semences…).

L’accompagnement est aussi espéré sur le long terme : « Il y a des mesures d’urgence qui sont attendues, notamment en termes de trésorerie pour pouvoir relancer la production, avec beaucoup d’exploitations au point mort. Mais après, il faut réfléchir à un accompagnement sur le long terme », notamment en matière d’adaptation au réchauffement climatique.

« Nous voulons rencontrer le président »

Pour le président de la FDSEA, Stéphane Sarnon, « les agriculteurs sont dynamiques et engagés. Ce qui manque, c’est de la trésorerie pour relancer nos exploitations. On a besoin de concret. Nous voulons rencontrer le président lui-même. »

Co-président du CPCS (comité paritaire interprofessionnel de la canne et du sucre), Pierre-Emmanuel Thonon rappelle que, pour la canne, les annonces faites jusqu’à présent ne couvrent les pertes « qu’à hauteur de 40 % de la demande (765 euros/ha d’aide pour les parcelles les plus impactées et 385 euros/ha pour celles qui le sont à un degré moindre, NDLR). La campagne arrive et nous ne savons pas sur quel pied danser. Niveau trésorerie, nous n’avons plus rien. »

Pour la partie planteur, les besoins ont été estimés à 50 millions d’euros pour 2025 et à près de 38 millions d’euros pour relancer la campagne en 2026, « afin de regagner des gains de production moyens. Mais les dispositions doivent être prises dès aujourd’hui. Pour le moment, les annonces ne couvrent pas les pertes et ne permettent pas de relancer la production », interpelle le planteur de Sainte-Suzanne.

Etiquettes : Emmanuel Macron

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