L'inauguration s'est déroulée mardi matin en présence notamment de Olivier Wattez et d'Arnaud De La Hogue (TotalEnergies), de Maurice Gironcel et de René Sotaca. Photo Pierre Marchal / Anakaopress
Le parc éolien de La Perrière, à Sainte-Suzanne, composé de 9 machines de dernière génération, a été officiellement inauguré hier par TotalEnergies Renouvelables en présence de nombreux élus. D’autres parcs pourraient encore se développer dans l’île, en parallèle au projet d’éolien offshore.
Elles ont réussi leur test grandeur nature. Au lendemain du passage de Garance, alors qu’une partie du réseau électrique était à terre et des moyens de production hors service, l’éolien a tourné à plein régime. « Il a été remis en service un peu en urgence et a permis de diminuer le nombre de coupures et de revenir plus rapidement à la normale », déclare, pendant la séance des discours, le directeur adjoint de la DEAL, Franck Lustenberger.
Parc éolien de « nouvelle génération », La Perrière, à Sainte-Suzanne, est à la fois le plus ancien, mais aussi le plus puissant et le plus moderne de l’océan Indien.
Exit les 37 anciennes éoliennes Vergnet rabattables installées en 2005, pour une production de 10 GWh par an, soit l’équivalent de la consommation de 7.100 habitants. Arrivées en fin de vie en 2021, elles ont été démantelées et remplacées par des machines de nouvelle génération. Plus hautes et plus puissantes, les 9 nouvelles éoliennes multiplient par 5 la production électrique du site, qui atteint 50 GWh par an, soit l’équivalent de la consommation de 35.000 habitants et une économie annuelle de 40.000 tonnes de CO₂.
Moins de bruit qu'un groupe électrogène
Le tout en générant moins de bruit que les anciennes machines : « elles génèrent moins de bruit qu’un groupe électrogène », argumente le producteur.
L’énergie produite est désormais injectée de façon régulière sur le réseau, selon les besoins du gestionnaire, grâce à l’installation de batteries d’une capacité de 9,2 MWh. EDF peut également s’appuyer sur une prévision journalière de la production, selon les conditions météorologiques.
Une production éolienne complétée par un champ photovoltaïque dont les panneaux, datant de 2011, vont eux aussi être remplacés. Le site deviendra agrivoltaïque, un élevage ovin devant faire son apparition avec la construction d’une bergerie, en complément de la production agricole déjà présente.
Les 9 nouvelles éoliennes sont par ailleurs équipées d’un système de détection avifaune, capable d’identifier la trajectoire des oiseaux et de déclencher des signaux lumineux et sonores pour éviter les collisions.
Les 9 éoliennes sont équipées d’un système de détection avifaune. (photo P.M.)
Une serre solaire vanille
Le parc a généré la création d’une vingtaine d’emplois directs et des emplois indirects, met en avant le responsable de l’agence Réunion de TotalEnergies Renouvelables, Arnaud De La Hogue.
Avec plus de 30 sites en production (éolien, solaire et hydroélectricité) d’une puissance cumulée de plus de 50 MW, la société a produit en 2024 65 GWh, soit l’équivalent de la consommation électrique annuelle de 45.000 habitants. Un chiffre qui devrait atteindre 100 GWh à l’horizon 2026, soit la consommation électrique annuelle de 70.000 Réunionnais.
Après l’inauguration de sa première centrale hydroélectrique à Saint-Leu, l’entreprise doit notamment inaugurer sa première serre à vanille photovoltaïque à Saint-Pierre en fin d’année.
L’éolien n’a pas encore dit son dernier mot. Alors que la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) prévoit 91,5 MW installés en éolien d’ici 2028, la puissance sera au mieux de 30 MW une fois le parc éolien de Sainte-Rose mis en activité (EDF ENR).
« On pense qu’il reste encore un potentiel pour de nouveaux sites éoliens à La Réunion sans installer des éoliennes de partout, ce n’est pas le but. Un ou deux sites supplémentaires sont envisageables pour permettre la transition énergétique de l’île », ambitionne le responsable local de la société. Des projets sont en cours de développement par TotalEnergies Renouvelables. A ses yeux, le parc de Sainte-Suzanne est un exemple en matière “d'acceptabilité” des éoliennes sur le territoire.
Les porteurs de projets pourront se baser sur un prochain schéma régional éolien, qui doit être mis en consultation d’ici 15 jours. Il identifie 22 sites jugés comme les plus propices au développement de nouveaux sites terrestres.
Déjà lancé, un appel à manifestation d’intérêt concerne lui le développement de projets éoliens en mer à La Réunion et en Martinique. Il est destiné aux différents opérateurs pour que ces derniers présentent les conditions dans lesquelles ils jugent un développement éolien possible localement.
Interrogé sur le sujet, le directeur adjoint du développement outre-mer à TotalEnergies Renouvelables, Olivier Wattez, présent à l’inauguration, indique que l’énergéticien regardera de près l’appel à manifestation sans préjuger de la faisabilité du projet.
« TotalEnergies est déjà producteur d’éolien offshore, ce sont des choses que l’on va regarder en prenant en compte les spécificités locales mais aussi le coût de sortie de l’énergie, qui doit rester abordable », complète Arnaud De La Hogue.