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L'élection des sénateurs péi se joue "dans l'arrière cuisine"

La Préfecture a publié lundi 20 juin la liste complète des grands électeurs réunionnais (voir la liste à télécharger plus bas). Derrière ce terme, faut-il l'avouer bien pompeux, se cachent les conseillers municipaux, généraux, régionaux que vous connaissez tous. De prime abord, si la balance comptable penche sensiblement à droite, le jeu des alliances reste lui à déterminer avant septembre prochain, mois d'élection pour les quatre sénateurs locaux.
Ecrit par zinfos974 – le mercredi 22 juin 2011 à 15H29

 

Pas facile de coller à l'élection sénatoriale l'étiquette d'élection transparente. Pour reprendre un terme utilisé par Didier Robert alors VRP de la Réunion en Confiance lors des cantonales de mars dernier, les "méthodes d'arrière cuisine n'auront pas cours". On ne peut pas en dire autant des sénatoriales où le jeu consiste, justement, à brouiller les pistes.

Les observateurs sont unanimes : le Sénat pourrait basculer pour la première fois dans le giron de la gauche. A la Réunion, toujours connue pour ses votes en contradiction avec les souhaits des électeurs métropolitains, la balance comptable donne une avance certaine à la droite UMP. Celle-ci est, sans surprise, suivie du PCR, du PS et du Modem.

Sortez les calculettes

Cette équation part avec trois inconnues. La première tient au positionnement des grands électeurs PS. En effet, le Parti à la rose semble de plus en plus prendre ses distances avec le PCR dont il fût le marche pied pour de nombreuses élections locales. Les Régionales de 2010 ont marqué une rupture assumée pour une partie des socialistes en tout cas, Michel Vergoz en tête de proue.

La deuxième inconnue pour le PCR reste le positionnement aléatoire des divers gauches et autres écologistes qui pourraient être tentés par le choix d'une liste plus ouverte et donc représentative de leur sensibilité. C'est le cas des grands électeurs dont les majorités municipales se sont construites en 2008 autour d'un consensus inédit. On peut penser à Saint-Paul qui, avec des adjoints issus du PCR, du PS et des Verts, pourrait être partagé (pour les communistes) entre un vote évident pour la liste PCR (puisque Saint-Paul reste une commune estampillée "Alliance") et l'option Michel Vergoz, logique pour les élus socialistes.

Les cantonales ont redistribué les cartes

Le cas de Saint-Paul est d'autant plus représentatif qu'il intervient après les unions de circonstances opérées lors des récentes cantonales et qui ont fortement déplu à la députée-maire de Saint-Paul, Huguette Bello.

Il y a enfin, plus sournois : l'échange de bons procédés. Un vote confirmé pour les sénatoriales contre un soutien électoral passé ou futur dont seuls les protagonistes ont les clés. Après tout, au-delà de la tendance politique, les grands électeurs doivent se rendre à la réalité de l'action publique : voter pour celui ou celle qui sera le ou la plus engagé en faveur du financement des projets communaux pour le cas d'une municipalité ou de défendre l'intérêt d'un Conseil général le moment venu.

Des élus locaux qui pourraient prochainement avoir besoin des sénateurs pour faire respecter les fameux transferts de compétences des collectivités territoriales à l'euro près.

 

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