[L'édito de Pierrot Dupuy] Kréol lé pas solidaire

Ah ça, pour causer sur la radio, ils sont forts.
Pour mettre des commentaires incendiaires sur les réseaux sociaux, ils sont champions du monde.
Mais quand il s’agit de se bouger le cul (passez moi l’expression), de passer à l’action, il n’y a plus personne.
J’ai vraiment de la compassion pour la dizaine de personnes à s’être levées tôt hier matin pour aller bloquer la SRPP. On peut être d’accord ou pas avec elles, mais force est de constater qu’elles ont mis leurs actes en correspondance avec leurs paroles.
Mais que j’ai eu mal pour elles quand j’ai appris qu’ils n’étaient qu’une dizaine. Leur groupe sur Messenger comptait plus de 80 membres. A les lire, ils étaient chauds comme la braise. On allait voir ce qu’on allait voir…
A la différence du Cid de Corneille où Ils partirent 500, mais par un prompt renfort, ils se virent 3.000 en arrivant au port, là les malheureux, ils partirent à 10 et par une vile lâcheté, à moins que ce ne soit par je-m’en-foutisme, ils se virent 10 en arrivant au Port, à la SRPP.
Ce qui n’a pas empêché ceux qui ont préféré rester au lit de continuer à causer sur la radio et à encourager, à distance, ceux qui s’étaient déplacés. Des adeptes sans doute du principe que quand il pleut, il pleut pour tout le monde. A quoi ça sert de faire des efforts quand il y en a d’autres pour le faire et que de toutes façons, si ils gagnent, et bien on en profitera aussi, sans avoir rien fait…
Pitoyable.
J’en profite aussi, au passage, pour interroger M. le préfet ainsi que la direction de la concurrence et de la consommation sur le dossier de la CCIRP. Vous savez, cette coopérative qui se fait fort d’importer de l’essence à la Réunion bien moins cher que la SRPP.
Au début, il faut bien l’avouer, personne ne prenait vraiment au sérieux ceux qui portaient le projet. Mais quand ils se sont associés avec une grosse compagnie pétrolière russe, on a commencé à les regarder d’un œil différent. Et leur combat dure depuis plusieurs années maintenant pour obtenir que la SRPP, comme elle en a l’obligation, leur permette de stocker leur essence dans leurs cuves.
Bizarrement, ni le préfet ni la direction de la concurrence et de la consommation ne mettent vraiment la pression sur la SRPP pour qu’elle respecte les jugements qui ont déjà été rendus.
Par moments, ça me rappelle un peu l’affaire des paillottes de Saint-Gilles. Leur illégalité a duré pendant des dizaines d’années jusqu’à ce qu’un groupe de Réunionnais déterminés prenne le dossier à bras le corps. Avec le résultat que l’on sait.
Hier matin, la dizaine de courageux a échoué. Par manque d’organisation peut être. Il ne tient qu’à nous pour que la prochaine fois soit la bonne…


