Revenir à la rubrique : Société

"L'eau au Tampon, un combat permanent..."

Cise, Syndicat mixte des hirondelles et municipalité du Tampon ont tenu à s'expliquer sur les problèmes de distribution d'eau dont sont victimes plusieurs secteurs de la commune depuis des semaines. Entre nécessaires coupures et schéma directeur d'alimentation en eau, Paulet Payet veut faire taire les accusations dont sa collectivité a été la cible.
Ecrit par zinfos974 – le lundi 29 novembre 2010 à 18H00

"On ne s'est pas contenté de regarder la crise", lançait Paulet Payet en fin de matinée, répondant ainsi aux accusations dont sa municipalité a été récemment la cible. Des accusations relatives aux problèmes d'alimentation en eau rencontrés sur la commune et en réponse desquels le premier magistrat a souhaité réagir aux côtés de la Cise, du Syndicat mixte des hirondelles et d'autres acteurs de la gestion de l'eau.
Déjà confrontée aux aléas de la période d'étiage par le passé, la collectivité estime que le contexte actuel n'est guère plus favorable. "Ce qui importe dans la situation que nous vivons, c'est la notion de solidarité entre les Tamponnais afin que tout le monde puisse avoir de l'eau", explique le premier magistrat. "Jusqu'à maintenant, les coupures étaient faites de jour et maintenant elles sont réalisées de nuit", ajoute Paulet Payet.

Des coupures synonymes de distribution équitable

Selon la commune, l'origine des problèmes rencontrés par la Cise correspondrait à la sécheresse et à l'explosion de la consommation des 22.000 foyers Tamponnais. Un contexte qui a mené aux coupures d'eau répétées et observées depuis le 1er octobre dernier. Lesquelles coupures interviennent de nuit et de façon permanente pour le 19ème km et Piton Hyacinthe depuis trois semaines. Plus encore, des coupures à raison d'un jour sur deux, annoncées par voie de communiqué, sont actuellement envisagées au jour le jour jusqu'à "épuisement des réserves" sur ces mêmes secteurs et sans heure précise. Des coupures de plusieurs heures étant également observées dans une douzaine de quartiers parmi lesquels, Bérive, Plaine des Cafres, Grande Ferme ou Pont d'Yves.
 
"Nous pouvons difficilement préciser les heures de coupures d'eau mais seulement des plages de la journée", révèle Fabien Fernandez, responsable du secteur Sud à la Cise. "Il est impossible de prévoir avec précision l'heure à partir de laquelle le réservoir sera vide et donc la distribution interrompue", poursuit le professionnel, qui évoque une consommation supérieure de 15% à la demande de 2009 pour la même période. Résultat, une distribution sans cesse adaptée aux besoins : "Il ne faut pas oublier que l'épisode d'incendies qui a détruit près de 50 hectares sur le volcan a nécessité l'utilisation des réserves de Piton Dugain, celles-là même qui sont actuellement concernées par la demande de consommation supplémentaire", affirme Paulet Payet qui parle d'un "problème de consommation exceptionnelle".

Un programme d'action repris par la Ca Sud

A situation exceptionnelle, réponse exceptionnelle puisque la commune envisagerait la réalisation de plusieurs projets à travers la Communauté d'agglomération du Sud, désormais détentrice de la compétence eau, et la Région Réunion, pour la réalisation de retenues collinaires supplémentaires.

Si le rendement du réseau a désormais atteint les 56%, une valeur supérieure à la moyenne départementale, le Tampon veut poursuivre dans cette voie et réaliser, à partir de juillet 2010, un réservoir de 3.500 m3 au 17ème kilomètre dont l'objectif sera d'augmenter la sécurité en matière d'alimentation en eau du 11ème km au 17ème km. Quant aux 35 kilomètres de canalisation du secteur de Piton Hyacinthe, ils seront réhabilités et renforcés pour améliorer le rendement. "Le gain serait alors de 50 litres par seconde au profit de l'utilisation de l'eau à usage domestique", souligne le vice-président de la Ca Sud et conseiller général de la Plaine des Cafres, Maurice Hoarau.

De son côté, la Ca Sud devrait s'intéresser de près à la source Edgar Avril d'ici 2013 avec un débit capté de 150 litres par seconde. Pour ce faire, 4,5 millions d'euros seront injectés sans oublier l'accord préalable du Conseil général. Enfin, et il s'agira d'un chantier majeur, la commune projette, dès 2014, d'interconnecter plusieurs ressources (Pont du Diable, Hirondelles, Bras de la Plaine) pour un meilleur équilibre dans la distribution. A cette interconnexion viendront s'ajouter les neuf millions d'euros d'un nouveau réseau d'adduction et les 33,5 millions d'euros relatifs à la réalisation de trois usines de potabililisation pour lesquels les premiers coups de pioches sont prévus en 2015.

Vers un partenariat Ca Sud, Saint-Pierre et Conseil général ?

Partant de l'urgence d'une coopération de chaque partenaire, la Ca Sud veut également tendre vers une interconnexion des sources du bassin Sud. Entendez, la réalisation d'un lien continu entre les nappes souterraines de Pierrefonds, les sources de surface du Bras de la Plaine et du Bras de Cilaos ainsi que les forages de Delbon à Saint-Joseph. Le but avoué, "faire jouer la solidarité en compensant le déficit de l'un ou de l'autre et d'arrêter un schéma d'aménagement global", afin de pallier aux insuffisances des périmètres du Bras de la Plaine et garantir les besoins de chaque commune. Concernant le Tampon, ce sont près de 30.000 personnes qui verraient ainsi leurs problèmes d'eau disparaître. Des problèmes mis sur la table dans le cadre de réunions réalisées entre la Ca Sud, la commune de Saint-Pierre, la Saphir et le Département.

Dernier projet à avoir été soulevé, la réalisation, avec l'appui financier de la Région, de nouvelles retenues collinaires sur les sites de Trou à cabris, Piton Manuel et Piton Rouge. Cette fois, l'idée sera d'augmenter les volumes d'eau agricoles et ce, en lien avec la déconnexion des agriculteurs du réseau d'eau potable rendue possible avec la réhabilitation de la canalisation du secteur de Piton Hyacinthe...

 

Etiquettes :

Dans la même rubrique

0💬
Tri :