Le "truc" du "machin" de la "chose"... à désespérer du bon Dieu lui-même !

Effarant comme les gens ne savent plus parler. Pire ! Ils n'ont même plus les mots pour définir des choses simples. Désespérant.
A la radio, il y a quelques minutes, une gamine dans les 12 ans expliquait pourquoi elle avait aimé un manège d'une fête se situant quelque part.
"C'était bien... J'ai attrapé le truc de la machine..."
Grave ! Je n'arrive pas à croire que les professeurs de français ne soient plus capables d'apprendre aux jeunes à koz korèk !
Ou alors, que les élèves, collégiens et lycéens n'aient plus le désir forcené de savoir ? Crela nous paraissait si naturel, à nous, pas vrai Daniel Thebault ? pas vrai Al Ramalingom ? Pas vrai François Saint-alme ?
Peut-être que si on leur rendait l'indispensable pouvoir disciplinaire... Il ne s'agit pas de matraquer les jeunes à coups de bascule, bien sûr. Mais une pédagogie teintée de fermeté ne peut pas faire de mal.
Le plus grave est que nos jeunes, non seulement ne savent pas parler le français mais... i gaingn pu koz kréol in merde ! C'est pourquoi, voici un paquet de temps, j'avais publié un petit glossaire créole, pour que notre langue ne se perde pas dans les limbes.
Je l'ai déjà raconté à quelques-uns d'entre vous, je crois....
Dans un bus, j'étais juste derrière deux jeunes dont l'un essayait d'expliquer à son pote où il habitait. La ville, ça il savait. La rue aussi, encore heureux. Mais ce pauvre garçon n'arrivait pas à dire à quel endroit exact il logeait.
Il a fini par dire, sans doute exaspéré par sa propre inanité :
"Ou conné, à côté le train sat' i arrange l'auto, là !"
Personne ne lui a jamais dit que ça s'appelle "un garage pour autos ?"
Je suis quasiment honteux lorsque j'entends les Malgaches, les Mauriciens, les Africains, les Antillais, les Guyanais, répondre en excellent français aux questions qu'on leur pose.
On dirait que montrer que l'on sait est devenu suranné.
Je ne pense pas que le "kréol partou toultan" soit le meilleur moyen d'échapper à cette gabegie culturelle.
Jules Bénard


