Le Tampon : c'est la liste de Chaussalet ou celle de la Région ?

L’actualité judiciaire s’était déplacée ce matin au tribunal administratif où les magistrats devaient se prononcer sur le refus du sous-préfet de Saint-Pierre d’enregistrer la liste d’Alexis Chaussalet au motif que l’une des candidates, Laurita Alendroit, serait inéligible. Jusque-là, rien de très banal. L’affaire prend une tournure plus intéressante quand on regarde qui est Laurita Alendroit.
On comprend qu’Alexis Chaussalet souhaite l’avoir en quatrième position sur sa liste quand on sait qu’il s’agit d’une militante culturelle très connue dans le Sud, intervenante régulière sur radio Pikan.
Elle a été pendant de nombreuses années militante associative et a notamment été présidente depuis 1995 d’Ankraké, une association très ancrée à gauche, avec des prises de positions identitaires voire autonomistes. Une association qui reçoit bien évidemment des subventions de... la Région.
Elle est régulièrement mise à l’honneur dans des programmes comme « Gardiyen la mémwar », un dispositif financé par... la Région, visant à valoriser les figures engagées dans la transmission de la mémoire, de l’histoire et du patrimoine culturel réunionnais.
Ça commence à faire beaucoup...
Mais là où ça devient franchement intéressant c’est, en continuant à creuser, de découvrir que Laurita Alendroit est née à Saint-Pierre, à Terre Sainte plus précisément, et qu’elle n’est inscrite sur les listes électorales du Tampon que depuis... août 2025.
Pour ce faire, elle a dû donner une adresse. Elle s’est domiciliée officiellement au 5 rue du Dr Henri Roussel, qui n’est autre que l’adresse du cabinet d’avocats de sa belle-fille et celle du siège de l’association Ankraké. Et hasard, que trouve-t-on au 5 bis ? La permanence électorale d’Alexis Chaussalet. Le monde est décidément petit !
Et on aura bouclé la boucle quand je vous aurai dit qu'au moins quatre employés (ou récents employés) de la Région figurent sur la liste « Nout’ voix, nout’ l’avenir » : la tête de liste Alexis Chaussalet qui était jusqu’à peu attaché de groupe, Laurita Alendroit qui était chef de service et devait figurer en 4ème position, et Pauline Lauret à la Com. Auxquelles il faut rajouter Graziella Leveneur, qui est chef de cabinet, et qui figure en 52ème position...
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Et puisqu’on parle d’adresse, il me revient à l’esprit une anecdote amusante. En février 2025, Alexis Chaussalet, qui était jusque-là inscrit sur les listes électorales de Saint-Pierre et non pas du Tampon, a souhaité se faire inscrire dans la ville où il souhaitait être candidat. Naturellement, il lui a fallu présenter un justificatif d’adresse. Il a donc fourni aux services de la mairie une facture d’eau... présentant zéro consommation d’eau ! Considérant que c’était la preuve qu’il n’habitait pas réellement là, le tribunal judiciaire a refusé son inscription. Qu’il a finalement obtenue, ordonnée par le juge administratif...
Il n’en demeure pas moins que deux impressions se dégagent de tout ce qui précède : l’omniprésence de la Région qui a financé les associations ou nourri en son sein tous ces futurs candidats. Mais aussi et surtout une forte impression d’amateurisme. Les règles régissant les conditions de présence sur une liste sont connues de tous. Il suffit de lire le code électoral. Comment peut-on être aussi « gros doigt » et se faire prendre en défaut de la sorte ?


