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Le Tampon : Au bout de 5 mois de relation, il bascule dans l'emprise

Luc* est très jeune mais pourtant, très vite, dans ses relations amoureuses, il bascule dans les violences psychologiques et physiques.
Ecrit par Prisca Bigot – le mercredi 8 novembre 2023 à 12H20

La petite amie de Luc* a fini par porter plainte en octobre 2021 alors que leur relation avait à peine 5 mois. À cette période, la jeune femme est de plus en plus isolée. Elle change totalement sous les yeux apeurés de sa famille. Elle, si enjouée et coquette d'ordinaire, ne se maquille plus, porte des vêtements larges et présente surtout des bleus sur les bras. Même s'ils résident tous deux encore chez leurs parents, Luc la menace régulièrement et l'empêche de sortir. Il va même jusqu'à s'inscrire à l'université pour pouvoir la surveiller.

Au deuxième dépôt de plainte, une ITT de 9 jours sera délivrée à la victime.

Luc va alors lui aussi porter plainte. Il évoque des violences réciproques et indique que c'est lui qui voulait partir mais qu'il “ avait peur qu'elle [lui] jette un sort avec sa religion malbar”.

Ce mardi, à la barre, le jeune Luc reconnait avoir porté des coups sur les bras et les cuisses de la jeune femme. Le témoignage de sa meilleure amie le confirme. Elle a déjà vu Luc “faire une balayette” ou encore poser un genou sur le cou de la victime.

Ce n'est pas la première fois que le comportement inquiétant de Luc se retrouve devant la justice. Une composition pénale avait été proposée pour le même type de faits envers son ex petite amie.

Manque de confiance

“J'ai appris de mes erreurs, j'ai grandi. Depuis, j'ai eu 2 ou 3 relations et ça s'est très bien passé”, veut-il rassurer. Comment expliquer cette emprise ? "Le manque de confiance en moi et la jalousie” l'ont poussé à agir ainsi, répond-t-il à la présidente du tribunal. “C'est pour cela que je me suis lancé plusieurs fois dans le concours de Mister sans que ça marche”.

“Il reconnaît les faits aujourd'hui et cela la victime avait besoin de l'entendre car le retentissement a été très important pour elle”, souligne Me Tina Diot pour la défense de la victime déjà indemnisée par une assurance après une expertise psychologique privée.

Le parquet pointe “un dépôt de plainte déplacé mais qui permet de comprendre le profil de toute-puissance, prêt à tout jusqu'à se faire passer pour une victime”. Dans le but également de “comprendre les ressorts de la violence psychologique et physique", 10 mois de prison dont 6 de sursis probatoire avec des obligations de soin notamment sont requis.

“II a évolué”, plaide me Bilquis Naceur pour sa défense. “C'est le futur qui importe, qu'il prenne conscience qu'il ne peut pas continuer d'avoir ce genre de comportement”.

Luc écope de 6 mois de sursis probatoire assortis de l'obligation de soins, de travailler et l'interdiction d'entrer en contact avec la victime.

* prénom d'emprunt

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