Le Syndicat de la Magistrature dénonce l'inaction du ministère de la Justice

Par voir de communiqué, le Syndicat de la Magistrature dénonce l'inaction du ministère de la Justice après la destruction de plusieurs bâtiments judiciaires à Mayotte lors du passage du cyclone Chido en décembre 2024. Il réclame des moyens pour reconstruire une justice accessible à tous sur le territoire.
Le communiqué :
Le 14 décembre 2024, le cyclone Chido pulvérisait l’île de Mayotte, balayant trois des quatre bâtiments consacrés à l’exercice de la justice sur le territoire.
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Le 20 janvier 2025, soit 37 jours plus tard, nos collègues recevaient une missive de M. Darmanin, notre ministre, les assurant de son respect, de ses remerciements les plus sincères et de son soutien. Avant cette date, rien ; après cette date, rien. Tandis que Monsieur Retailleau, ministre d’État, était présent sur l’île dès le 16 décembre 2024, que Madame Borne et Monsieur Valls, ministres d’État, se sont déjà rendus à deux reprises sur l’île promettant et accordant primes et avantages, travaux et reprise d’activité à leurs administrés, sans un regard toutefois pour la justice de la part de celui qui était présenté comme le premier ministre des Outre-mers.
La section régionale du Syndicat de la Magistrature s’interroge sur le sens à donner à ce silence : simple oubli de notre ministre qui enchaîne les déplacements (ENAP, auprès des agriculteurs…) ? Mépris ? Est-il plus largement révélateur de la place qu’on accorde à la justice dans notre État de droit ?
La section régionale du Syndicat de la Magistrature souligne et salue le courage de nos collègues et personnels de greffe lesquels, dans ce contexte, ont tout mis en œuvre, seuls, pour que la justice ne s’arrête pas alors que leur quotidien est bouleversé et leurs conditions de travail particulièrement difficiles.
La section régionale du Syndicat de la Magistrature s’inquiète des prises de position de notre ministre sur les questions migratoires et sécuritaires, des éternels amalgames qu’il entretient entre immigration et délinquance sans se préoccuper de lutter en profondeur contre les réseaux, responsables d’une véritable traite des êtres humains, et en ne proposant qu’une politique du tout carcéral. La justice ne saurait être utilisée pour mettre en œuvre la politique pénale d’un ministre, et n’être considérée et n’obtenir des moyens qu’en tant que telle.
Nous demandons ainsi à ce que des moyens conséquents nous soient enfin accordés pour reconstruire, à Mayotte, une justice pour tous, pour les « petits » comme les cols blancs, pour les plus vulnérables d’entre nous qui doivent être protégés, pour les personnes qui se séparent, ceux qui doivent faire reconnaître leur état civil, leur nationalité, pour que les victimes soient entendues et les coupables punis dans le respect de leurs droits.
Nous demandons à notre ministre de l’attention, de la réflexion, des projections construites pour l’avenir de nos collègues mahorais et non une agitation populiste à des fins électoralistes.
La section régionale du Syndicat de la Magistrature


