Le siège de la FDSEA tagué à Saint-Pierre suite à l'adoption de la loi Duplomb, une plainte déposée

Le local de la FDSEA à Saint-Pierre a été vandalisé dans la nuit de jeudi à vendredi, sur fond de tensions autour de la loi Duplomb. Le président du syndicat agricole, Stéphane Sarnon, dénonce des actes isolés et défend un texte qui vise selon lui à sauver la production locale.
Des tags hostiles à la FDSEA sont apparus dans la nuit de jeudi à vendredi sur les murs de son siège à Saint-Pierre. Le syndicat agricole est pris pour cible en raison de son soutien à la loi Duplomb, récemment adoptée au Parlement. Le texte prévoit notamment un assouplissement du cadre réglementaire sur les produits phytosanitaires, en réautorisant certaines molécules interdites, jugées indispensables à certaines filières agricoles comme la canne ou le maraîchage.
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« On parle de souveraineté alimentaire, mais on nous retire les moyens de produire. »
« C’est le geste de deux ou trois excités », relativise Stéphane Sarnon, président de la FDSEA. Il a porté plainte, tout en refusant de céder à la provocation. « Nous, ce qu’on veut, c’est nourrir la population, pas l’empoisonner », insiste-t-il. « On parle de souveraineté alimentaire, mais on nous retire les moyens de produire. »
Le syndicaliste défend une lecture pragmatique de la loi Duplomb : « Aujourd’hui, certaines molécules sont interdites ici mais autorisées dans d’autres pays européens. Et pendant ce temps, on continue d’importer des produits traités avec. C’est absurde. » Il alerte sur le recul de la production locale, notamment dans le maraîchage, en raison du retrait massif de produits phytosanitaires. « Ce n’est pas que le cyclone qui vide les étals ou fait monter les prix. C’est aussi l’impossibilité de produire dans de bonnes conditions. »
Stéphane Sarnon s’étonne aussi d’une forme de « stigmatisation ciblée » : « On s’attaque à l’agriculture alors que personne ne dit rien sur l’alcool ou la cigarette, qui tuent pourtant. Nous, on est les nourrisseurs. »
Alors que le débat sur les pesticides reste vif, la FDSEA assume son soutien au texte Duplomb, en appelant à un traitement équitable des agriculteurs d’Outre-mer. « Ce n’est pas une régression, c’est une nécessité », conclut Stéphane Sarnon.


