Le PS national dévoile ses grandes lignes pour l'Outre-mer

Les élus du Parti socialiste ont effectué un véritable tour de table des idées et propositions qui pourraient, au final, être reprises dans le projet socialiste pour 2012. Ce forum a également été l'occasion pour les élus socialistes nationaux de rassurer l'ensemble des élus ultra-marins sur l'importance de ces régions dans le projet présidentiel façon "socialiste".
"Un forum pour aller plus loin dans nos propositions". Voici la vision donnée hier par Martine Aubry, Première secrétaire du PS, en ouverture de la table ronde qui réunissait pléthore d'élus nationaux et domiens évidemment. Comme un symbole, ce forum des idées sur l'Outre-mer s'est tenu un 27 avril. Martine Aubry s'en explique : "C'est la date anniversaire du décret Schoelcher abolissant l'esclavage, le 27 avril 1848".
"L'Outre-mer coûte cher, voici la rengaine de la droite !"
Prenant la parole en tant que député PS de la Réunion, Patrick Lebreton a tenté de mobiliser ses collègues nationaux. "Nous sommes déclarés comme des "assistés", comme si nous n'étions pas des citoyens à part entière. Imagine-t-on tenir le même discours vis-à-vis de la Creuse, de la Seine-Saint-Denis... ?", demande l'élu. "L'Outre-mer n'a jamais été aussi maltraitée que ces dernières années. Les crédits pour le logement social outre-mer (LPU) ont baissé avec le gouvernement actuel. Plus de la moitié de la population vit sous le seuil de pauvreté. Notre priorité devra concerner notre rattrapage sur de nombreux points. Il faudra répondre à l'urgence sociale, via des contrats aidés, et lutter contre le phénomène de la vie chère. Surtout, nous devrons jeter les bases d'un nouveau modèle de développement économique".
Parmi les propositions du PS pour les présidentielles de 2012, Martine Aubry dévoile quelques pistes : "La République que nous aimons n'est pas la négation des identités culturelles qui font la richesse de notre patrimoine commun. C'est tout l'inverse. Bien des pistes sont ouvertes. Je pense à la défense des langues régionales des Outre-mers, la mise en œuvre de plans volontaristes de valorisation des patrimoines des Outre-mers, donner aux collectivités davantage de pouvoir et de moyens en la matière, (…)", a enchaîné la Première secrétaire.
Sur sa lancée, Martine Aubry tacle la vision UMPiste de l'Outre-mer. "L'Outre-mer coûte cher, voici la rengaine de la droite ! Cette thèse est une faute politique, elle n'est pas digne des responsables politiques quand ils réfléchissent à l'avenir. Son postulat est qu'il y aurait Outre-mer des français de seconde classe. On assigne aux collectivités d'Outre-mer un objectif d'autosuffisance que ne remplissent nullement la très grande majorité des régions de l'hexagone !"
"Il faut reconquérir la justice sociale"
"Le rôle des socialistes, leur rôle historique, c'est de réduire ces écarts, entre les individus ou entre les territoires. C'est ainsi que nous nous attaquerons à la question du pouvoir d'achat, Outre-mer comme en métropole. Le blocage des loyers, la maîtrise de la facture d'énergie, la fiscalité, les négociations salariales, le SMIC, l'encadrement des échelles de salaires seront mobilisés pour reconquérir la justice sociale. Mais il y a des dispositions spécifiques à prendre dans chacun des territoires d'outre-mer.
Nous allons proposer à chaque collectivité d'outre-mer, dans le cadre juridique et économique qui lui est propre, un nouveau pacte de croissance et de solidarité. Et au coeur de ce pacte, il y a un nouveau modèle de développement économique, social et écologique. C'est notre projet pour 2012. Ce nouveau modèle, nous le voulons pour les Outre-mers comme pour la métropole. Notre projet tiendra compte des contraintes budgétaires que la droite, davantage que la crise, nous aura laissé. Nous réexaminerons les moyens actuels dont nous disposons, non pour les réduire, mais pour les redéployer au service de deux objectifs : le développement durable et la création d'emplois. Les socialistes sont convaincus de la nécessité de soutenir les investissements privés outremer".
A propos de la question de l'évolution statutaire des DOM-COM, Martine Aubry laisse la porte ouverte, tant que les peuples sont consultés dit-elle. "Nous n'avons aucune raison de revenir sur les principes fondamentaux de la loi d'orientation du 13 décembre 2000. Ces principes sont simples : oui au droit à l'évolution statutaire dans la République à condition que soit recueilli par référendum le consentement des populations intéressées".



