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Le préfet dévoile le plan pour la souveraineté alimentaire de La Réunion

Jérôme Fillippini, préfet de La Réunion, a rassemblé ce mardi matin les acteurs du secteur de l'agro-alimentaire à La Réunion pour la signature du plan pour la souveraineté alimentaire à La Réunion.
Ecrit par Baradi Siva – le mardi 10 octobre 2023 à 14H33
Signature du plan pour la souveraineté alimentaire de La Réunion

Le préfet de La Réunion a présenté la feuille de route de l'État pour la souveraineté alimentaire à La Réunion réalisé en consensus avec les acteurs du secteur. La signature a été faite en présence des représentants des filières (agroalimentaires, fruits et légumes, animales et canne), les organisations professionnelles et l'Etat. Le plan se divise en six axes et en 36 actions.

Évaluer les besoins et fixer des objectifs

La première étape de ce plan va être d'estimer les changements nécessaires à mettre en place mais aussi d'identifier les obstacles à surmonter. Six leviers principaux sont mis en avant par le préfet : l'enjeu de l'agriculture circulaire et de la transition environnementale de l'agriculture, l'enjeu foncier, l'enjeu de l'emploi, l'enjeu des filières de transformation agroalimentaire, l'enjeu sanitaire dont vétérinaire et l'enjeu phytosanitaire.

L'objectif est donc d'avoir un modèle agricole résilient et solidaire. Cela passe notamment par une meilleure valorisation des effluents d'élevage afin de limiter les importations d'engrais minéraux. Autre difficulté, l'absence d'un laboratoire accrédité pour les analyses des produits utilisés ainsi que pour les démarches de normalisation.

Emploi et foncier

Pour ce qui est de l'enjeu de l'emploi, La Réunion expérimente actuellement le cumul RSA et l'emploi saisonnier dans les champs. L'autre problématique est celle de l'installation difficile pour les nouveaux exploitants.

Les limites du foncier sont un autre problème difficile à appréhender. La Réunion a 400 m2 de foncier par habitant soit 10 fois moins que dans l'Hexagone. De plus, La Réunion a perdu près de 4.000 hectares de terres agricoles soit en raison de l'urbanisation, soit par enfrichement.

Plus d'autonomie, plus de protection

Quant aux filières agricoles, celles de La Réunion font partie des plus structurées de l'Outre-Mer. Une lacune cependant dans le secteur de la transformation agroalimentaire. Son développement augmentera la gamme de produits sur laquelle La Réunion est autonome. Cette filière, une fois plus forte, pourrait apporter des gages de stabilisation et de diversification des revenus et activités.

L'État entend aussi prendre en compte les enjeux phytosanitaires avec l'objectif à court terme d'éviter l'impasse qui conduit à des usages facilités et ensuite de chercher des alternatives autour du biocontrôle.

Pour ce qui est des enjeux sanitaires, le plan tient à continuer la lutte contre la leucose bovine mais aussi à mettre en place un dispositif de protection du territoire quant au sujet de l'arrivée d'animaux qui pourraient amener nouvelles maladies.

 

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