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Le plus important reste à faire

Ecrit par zinfos974 – le vendredi 7 octobre 2011 à 10H22

La DAC Réunion a bien voulu organiser un colloque sur le multilinguisme ce 6 octobre 2011 pour se conformer à l’initiative métropolitaine.
L’idée de favoriser et de promouvoir notre créole réunionnais est une excellente chose.
Le défendre, non, car il n’est attaqué par personne.
C’est la première fois que nous sommes invités à une rencontre sur le créole en tant que partisans de l’écriture étymologique de notre créole réunionnais et nous étions heureux de pouvoir nous joindre enfin à un véritable débat.
Hélas, nous avons vite déchanté !
Nous avons dû nous contenter d’un rôle de subalternes tandis que les éternels kwyzeurs régnaient en mandarins sur l’estrade des professeurs détenant la science infuse et la distillant à longueur de colloque.
Ces pseudos défenseurs du créole en sont les véritables fossoyeurs et ils enterrent un peu plus cet idiome à longueur d'années et de colloques successifs.

Nous ne comprenons pas que notre association n’ait pas été le partenaire privilégié de l’Etat pour discuter du contenu de cette journée et que la DAC n’ait pas enregistré le choix politique pourtant clair des Réunionnais lors de la dernière élection régionale.
Les Réunionnais ont exprimé un non ferme à la politique culturelle de l’Alliance à l’encontre de sa MCUR et de ses thuriféraires de circonstance.
Ce fut un non catégorique au créole KWYZ et c’est la raison pour laquelle la nouvelle équipe culturelle de Didier Robert n’a plus renouvelé les mirifiques subventions octroyées par le camarade Paul à Lofis la lang kréol
(35 000 €, 36 000 €).
Il ne faut donc plus accepter les allégations idéologiques de MM. Prudent et Gauvin sur le créole qui datent de la Convention de Morne-Rouge, il y a exactement 40 ans. Axel Gauvin y étant allé en tant que membre du Front de la jeunesse autonomiste réunionnaise.

Il semblerait que ces intellectuels de gauche cherchent à imposer lexicalement ce qu’ils n’ont pas réussi à réaliser politiquement.
Malheureusement, il y a derrière l’avenir de bon nombre de jeunes Réunionnais qui font les frais de ces diverses tentatives lexico-idéologiques.
À un point tel que nos kwyzeurs et leurs adeptes finissent par proposer des concepts pédagogiques douteux allant dans le sens inverse du bon sens le plus élémentaire.
L’accueil en créole des petits écoliers réunionnais est une vaste fumisterie car depuis l’âge de 2 ans, les petits Réunionnais regardent chez eux la télévision et écoutent la radio et sont donc très familiers de leur langue, le français.

Par ailleurs, se profile dans cette idée saugrenue l’installation d’un apartheid linguistique dans nos écoles. Des classes pour enfants zoreils maîtrisant bien le français et d’autres classes pour les autres.
Ce serait une incroyable régression et nous nous élevons fermement contre cette pseudo pédagogie qui est à l’antipode d’une saine pédagogie où l’on plonge immédiatement l’enfant dans la langue qu’on veut lui enseigner.
D’autant plus que le français n’est pas une langue étrangère pour tous les Réunionnais mais leur propre langue.
Il convient de mettre un frein définitif à ces fadaises.
Pour un nombre de plus en plus important de Réunionnais, c’est le français qui est la langue maternelle et les jeunes de nos cités n’ont plus honte de parler et de jouer entre eux en français.
En outre, en allant dans des espaces collectifs de restauration, on n’a aucun mal à entendre les conversations (à Saint-Denis en tout cas) et neuf fois sur dix, les gens de toutes les ethnies s’expriment entre eux en français ! Doit-on s’en plaindre ou, au contraire, s’en féliciter ?

Oui au créole dans l’enseignement mais uniquement en matière optionnelle au bac et en écriture étymologique.
En outre, le Capès de créole est un diplôme survalorisé car notre patois a été artificiellement promu langue régionale au même titre que le breton, le basque ou l’occitan. 3 000 mots et expressions créoles spécifiques et 80.000 pour l’occitan !  Ce n’est pas du tout la même chose même si tous les idiomes sont égaux en dignité.
Il ne s’agit pas là de dignité mais de taille ! Ce n’est pas valorisant pour un vélomoteur de dire que c’est une motocyclette ! C’est mentir ! Ce n’est pas minorer notre créole que de dire tout à fait scientifiquement que c’est un patois.
N’entre pas dans le Lagarde et Michard qui veut au prétexte qu’il écrit en français. Or, c’est ce qui s’est passé ici dans notre département lorsqu’on a voulu éditer d’urgence un ouvrage didactique pour les élèves réunionnais de LCR. Tous les "écrivains" réunionnais écrivant dans les graphies les plus diverses et aux styles les plus variés en qualité se sont retrouvés du jour au lendemain intronisés grands écrivains autochtones au même titre que Leconte de Lisle, Léon Dierx ou Lacaussade  ! ! !
Rien ne s’oppose à ce que nos paroliers, humoristes, conteurs écrivent notre patois, mais qu’on les aide à le faire en écriture étymologique, un choix arbitrairement refusé depuis 1977.

Notre créole est un moyen de communication vivace et très prisé des Réunionnais dans l’espace privé et la culture (séga, maloya) et aucune raison sérieuse et raisonnée ne peut permettre de lui donner une dimension de langue véhiculaire (journaux radios et TV).
Le français est notre langue et le créole notre patois comme le sont bien d’autres en métropole (chti, normand, vendéen etc.) même s’il compte certainement davantage de locuteurs effectifs.
Il est une richesse certaine pour l’ensemble des Français au même titre que les autres patois, dialectes et langues régionales de France.
Il convient donc de le promouvoir et de le valoriser en tant que tel, mais uniquement en écriture étymologique.
Les autres tentatives de graphies ne sont pas du créole mais des ersatz qui en compliquent tant la lecture que l’écriture et sont un handicap lourd pour l’édition et la vente d’ouvrages qui ne peuvent rester que strictement confidentiels.

"Réagissons !"

 

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