Le PLR condamne les propos d’Édouard Philippe sur la colonisation

Le PLR réagit vivement aux déclarations d’Édouard Philippe sur la colonisation, tenues lors de son déplacement à La Réunion. Le mouvement estime que les propos de l’ancien Premier ministre minimisent la portée historique du système colonial, dans un territoire directement marqué par cette histoire.
Le déplacement d’Édouard Philippe à La Réunion continue de provoquer des réactions politiques. Dans un communiqué publié ce mercredi, le parti "Pour La Réunion" condamne les propos de l’ancien Premier ministre, interrogé la veille sur ses déclarations de décembre dernier concernant la colonisation.
Selon le mouvement, Édouard Philippe a maintenu sa position en estimant que, s’il y avait eu des crimes pendant la colonisation, qualifier la colonisation elle-même de crime serait “inexact”. Une distinction rejetée par le PLR, qui y voit une lecture insuffisante de l’histoire coloniale.
Le parti rappelle que La Réunion a été construite dans le cadre de l’histoire coloniale française. Il cite notamment l’esclavage, qui a structuré pendant près de deux siècles l’organisation économique et sociale de l’île, puis l’engagisme, qui a prolongé des rapports de domination après l’abolition.
Des références à l’esclavage, l’engagisme et aux Enfants de la Creuse
Dans son communiqué, le PLR élargit également son propos à d’autres territoires marqués par la colonisation française, comme l’Algérie, Madagascar ou les Antilles. Le mouvement évoque des massacres, des déplacements de populations, l’exploitation économique ou encore les violences liées au système colonial.
À La Réunion, le parti établit aussi un lien avec des épisodes plus récents de l’histoire de l’île. Il mentionne les avortements et stérilisations pratiqués sans consentement éclairé sur des femmes réunionnaises dans les années 1970, ainsi que le déplacement de plus de 2.000 enfants réunionnais vers l’Hexagone entre les années 1960 et 1980, dans le cadre de ce qui est aujourd’hui connu sous le nom des “Enfants de la Creuse”.
Une polémique politique pendant la visite d’Édouard Philippe
Pour le PLR, ces exemples traduisent la persistance d’un rapport inégal entre l’État et les populations ultramarines. Le mouvement estime donc que les propos d’Édouard Philippe sont d’autant plus sensibles qu’ils sont tenus à La Réunion, où la mémoire de la colonisation reste un sujet politique et historique majeur.
Le parti critique également la comparaison faite par l’ancien Premier ministre avec la guerre. Selon le PLR, la colonisation ne peut pas être analysée comme un conflit entre États égaux, mais comme un système de domination politique, économique et militaire.
Pour le PLR, la reconnaissance des violences commises dans le cadre colonial "ne relève ni de la repentance ni d’une réécriture de l’histoire, mais d’un travail de mémoire et de vérité."


