Le Parti Croire et Oser rejette le budget de la CINOR

Le communiqué :
Ce 24 juillet 2020, nous venons de vivre un grand moment, à la fois pour l’histoire de la démocratie, et pour les enjeux qui pèsent sur les habitants du Nord de La Réunion.
En effet, la CINOR vient de voter ses orientations budgétaires et budget 2020, sans avoir pu débattre préalablement des impacts et malgré les interventions et demandes des élus de CROIRE ET OSER, qui constitue en fait la seule opposition crédible à cette nouvelle gouvernance de la CINOR, véritable mascarade.
Nous nous inscrivons en opposition et dénonciation de ce budget, qui aura des conséquences dramatiques pour les citoyens, car il contribue à ramener à zéro l’épargne nette, empêchant tout développement futur de projets et toute action pour améliorer le cadre de vie, l’emploi, les transports. Pour rappel, l’épargne nette est le gage de bonne santé financière d’une structure qui lui permet de renouveler ses emprunt auprès des organismes financeurs.
Nous dénonçons un budget non cohérent avec les orientations budgétaires : on annonce un plan de relance économique et social, mais aucune mesure concrète budgétée, soit de la poudre aux yeux, de l’incantation. De grandes déclarations mais rien de concret. Qu’allons nous dire à nos électeurs ? Que nous mettons en place une intercommunalité qui finalement ne répondra pas aux missions qui sont celles sur lesquels les élus se sont engagés ?
Nous dénonçons un engagement et une continuation de grands travaux, avec des impacts conséquents sur le budget de fonctionnement - qui ne sont pas présentés en séance (le port de Ste Marie : 1M€ de déficit pour 20 millions de budget engagé sur 2020, le téléphérique de la Montagne qui sera un bus volant sans usager pour plus de 2M€ d’impact, pour 80 millions de budget engagé sur 2020), sans visibilité sur les projets plus importants auxquels nous devrons nécessairement renoncer.
Nous dénonçons la pression et la précipitation mise à voter ce budget confirmant la continuité d’investissements démesurés, sous prétexte d’un vote à faire avant le 31 juillet. Mais la loi n’a jamais contraint quoique ce soit à engager des budgets pharaoniques, qui mettraient en péril la stabilité financière de l’inters ! Ainsi, nous (Anais SINGABRAYEN, Alek LAI KANE) avons proposé de reporter l’engagement des grands travaux, pour avoir une réponse précise sur leurs impacts, sur le budget de fonctionnement et l’intérêt pour nos citoyens. Nous avons interrogé l’assemblée des conseillers sur leur réel positionnement quant à une telle absurdité, et nous nous interrogeons encore sur la capacité d’alerte de nos collègues, à la solde d’une majorité qui adopte ce budget 2020 à la hâte à 62 votes pour, contre 2 opposition.
Les élus de la majorité ont prétexté, que ce conseil n’était pas le lieu du débat (…), et qu’il fallait voter ce budget vues les contraintes de délais, quand bien même ils ne l’avaient pas préparé (…), n’étant pas présents dans la précédente mandature (alors qu’ils étaient élus aux responsabilités!).
Ils ont été jusqu’à avouer qu’ils ne pouvaient pas en valider les lignes mais que dans le cadre de la future programmation pluriannuelle de 2021/2026, il serait alors pertinent d’intervenir et débattre dans les mois à venir !
Pourtant ce sera trop tard car leur vote va entrainer des conséquences graves pour l’équilibre financier futur de la CINOR : réduction à néant de l’épargne nette, aucun budget pour le plan de relance et la continuation des gabegies financières :
• 2,7 millions pour la cité des arts, 1M€ pour le Stade en eaux vives avec, 1M€ pour Aquanor, avec peu d’usagers;
• des surcroits de millions pour la SODIPARC et prestataires de transport scolaires sous couvert de la crise COVID, sans amélioration de services bien au contraire… La liste est longue, et nous attendons le rapport prochain de la cour des comptes pour que la lumière soit faite sur ces gabegies et incongruités.
Il était possible de voter avant ce 31 juillet, un budget dit de « stand by » permettant de se laisser le temps d’étudier l’impact de ces grands travaux et construire la PPI (programmation pluri annuelle des investissements intercommunaux) , en cohérence avec les arbitrages politiques à faire sur les priorités intégrant la crise sanitaire sociale et économique, plutôt que de forcer la main et se précipiter à engager des dépenses qui auront des impacts sur les citoyens. Le grand danger qui n’est pas avoué à la population reste que la seule façon de payer la note, sera le recours à la fiscalité (de nouvelles taxes !) : que nous citoyens, allons devoir passer à table, pour le compte et les caprices de nos chers élus !
Dans le même temps, les élus de la majorité ont montré qu’ils savaient reporté des décisions, puisque les deux seuls reports qu’ils ont décidé est celui
• de l’attribution d’une subvention à AEROPLACE, forum économique et des métiers, soutenu par l’Etat, l’Europe et la Région, et encore plus attendu par le secteur, vue la crise actuelle économique ; un forum qui permettra de faire rayonner la Réunion sur l’ensemble de la Grande zone indo Pacifique, portant les filières drones, formation, ingénierie en sureté/sécurité, compétences maintenance, pilotage mais également les sujets d’avenir autour du bio carburant, de l’océanographie opérationnelle;
• D’un prêt de trésorerie (20%), en l’attente de versement des fonds FEDER, à l’association AEROTECH dont la CINOR a été avec l’Etat et la Région la mère porteuse depuis 5 ans, et dans laquelle elle tient un rôle de Vice présidence, avec à la clef du développement d’expertises et d’emplois pour nos jeunes;
Le ton est donné : préférer prendre des délibérations pour soutenir des projets et des déficits grandissants plutôt que d’investir dans l’avenir, l’économie et la jeunesse !
Nous serons élus de CROIRE et OSER - au nom des 7000 personnes qui nous ont fait confiance - à la CINOR résolument dans l’opposition si la majorité confirme ces positions là.
Pour le Parti Croire et Oser (PCO)
Les conseillers communautaires de Sainte Suzanne
Anais SINGABRAYEN
Alek LAI KANE CHEONG


