Le maniaque du ménage frappe sa femme pour de la vaisselle sale

Un trentenaire comparaissait devant le tribunal de Champ Fleuri pour avoir passé à tabac la mère de ses enfants. Son attitude affable et ses « justifications » ne l’ont pas empêché d’être condamné en comparution immédiate.
L’affaire qui nous concerne porte sur un couple, parents de deux enfants. Le week-end dernier, la jeune mère de famille se présente au commissariat pour déposer plainte contre son compagnon, violent. Le matin même, une dispute éclate au sein du couple. L’homme accuse sa compagne de laisser le domicile conjugal dans un état déplorable.
Une première gifle est donnée, en présence des deux marmailles du couple. Ces derniers sont déposés à l’école, et une fois de retour au domicile, la dispute éclate à nouveau. Cette fois-ci, ce ne sont plus des gifles. Les coups sont plus violents. Ivre de colère, ce n’est qu’une fois calmée que la jeune femme file déposer plainte.
« On ne comparaît pas devant le tribunal parce qu’on ne sait pas faire la vaisselle »
C’est donc tout naturellement que le compagnon violent vient raconter à la barre que sa compagne possède des lacunes concernant les tâches ménagères. D’après lui, il lui aurait calmement fait savoir que la maison était dans un état déplorable et que c’est elle qui se serait énervée.
Quand on creuse un peu, les violences semblent faire partie du décor depuis qu’ils sont ensemble. Aux policiers, la mère de famille évoque trois épisodes l’année dernière. Épisodes où elle est étranglée, se fait cracher dessus et gifler… Un tableau glaçant, qui a amené à une première plainte contre l’individu.
Le prévenu justifie son passage à l’acte par une accumulation. Selon ses dires, sa compagne ne participe pas ou pas suffisamment à la bonne tenue du domicile. De plus, il subirait de sa part des « micro-humiliations » et assure qu’elle peut se montrer violente également envers lui, évoquant un coup de couteau cinq ans plus tôt. « Je me considère comme victime », déclare-t-il poliment à la cour.
Un discours qui tranche avec la déposition de sa compagne, qui explique aux forces de l’ordre qu’elle est ponctuellement frappée et humiliée par lui. Devant les dénégations du prévenu, la présidente tique : « On ne comparaît pas au tribunal parce qu’on ne sait pas faire la vaisselle. » À chaque fait reproché, l’homme livre un tout autre discours que celui de sa compagne.
Une victime détruite psychologiquement
Dans sa plaidoirie, l’avocate de la partie civile souligne la détresse de sa cliente : beaucoup plus jeune que le prévenu, elle se dit « brisée » par cette relation. La robe noire met en contradiction les paroles du compagnon et ses actes. Lors de son audition, ce dernier a reconnu être à l’initiative du premier coup à chaque fois, chose qu’il nie à la barre ce mercredi. Elle rappelle que, depuis l’épisode de violence ce week-end, leur fille n’a plus dit un mot, ayant assisté à la montée de la violence.
La procureure rejoint les propos de la partie civile : même si l’homme ne possède pas de mentions à son casier judiciaire, il faut impérativement l’éloigner de madame. Alors qu’elle requiert huit mois de prison avec sursis probatoire sur deux ans, un suivi psychologique, une interdiction d’approcher la victime et un stage sur les violences conjugales, le prévenu hoche vigoureusement la tête, signe de son approbation.
La défense, rejoignant sa consœur en partie civile et les réquisitions, demande le suivi des réquisitions pour son client. Chose faite puisque le tribunal va le condamner à dix mois de prison avec sursis probatoire de deux ans, et à toutes les peines complémentaires prononcées par le ministère public.


