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Le gérant de la ferme pédagogique de St-André condamné

La sécurité de la biodiversité réunionnaise ainsi que la santé des animaux justifient une réglementation stricte quant à la détention et la présentation d'animaux sauvages. Le propriétaire de la ferme pédagogique de Saint-André a été condamné ce vendredi pour avoir contourné cette réglementation et avoir insulté les agents de la DAAF au moment de la saisie de certains animaux.

Ecrit par – le vendredi 21 mai 2021 à 16H03

La ferme pédagogique du Domaine Palssade à Saint-André a attiré bien du monde après le confinement. Elle a aussi attiré des ennuis pour le propriétaire des lieux, Daniel Vee, [accusé par certains visiteurs de négligence et même maltraitance de ses animaux]urlblank:https://www.zinfos974.com/St-Andre-%E2%80%8BLe-gerant-de-la-ferme-pedagogique-repond-aux-critiques_a158376.html .

Si le gérant de la ferme avait répondu à nos questions en déclarant son amour pour les bêtes et en promettant quelques amélioration du site, son comportement et les articles de presse avaient alerté la DAAF (Direction de l’alimentation, de l’agriculture et de la forêt de La Réunion) et la brigade intercommunale de l’environnement. En effet, Daniel Vee n’était pas en règle depuis au moins juin 2019, ne pouvant présenter aucun document autorisant la détention d’animaux sauvages qui d’autant plus n’étaient pas identifiés. 

Pourtant prévenu en 2019 par la DAAF, le gérant n’avait rien changé à sa situation pendant plus d’un an lorsqu’en septembre dernier, tortues et iguanes avaient été saisis par les agents. La scène avait été filmée à la demande de Daniel Vee qui n’a pas caché sa colère : « gros blancs », « spécimens », « voleurs », « arnaqueurs », « rapiang »… Pour l’inspectrice en charge du dossier, c’était la première fois qu’elle avait fait face « à une telle opposition et virulence ». 
 
« Ce sont comme mes enfants », avait-il déclaré. « Je ne doute pas que monsieur Vee aime ses animaux », a affirmé la procureure du tribunal correctionnel de Saint-Denis où il était jugé ce vendredi pour ouverture d’un établissement et détention d’animaux non-domestiques sans autorisation, ainsi qu’outrage aux agents de la DAAF. Mais elle a rappelé l’importance de la réglementation à la fois pour la biodiversité de l’île au cas où les animaux s’échapperaient, la sécurité des clients et la santé des bêtes. En effet, des iguanes ont nécessité des soins et une tortue Radiata a dû passer deux jours chez le vétérinaire ; sans grande surprise au vu des enfants qui piétinaient les tortues et les jetaient par terre dans leur parc, choquant bon nombre de parents.
 
L’ami des bêtes voulait vendre de la viande d’autruche
 
Mais pour la défense, la DAAF a porté son attention sur la ferme non pas suite à la médiatisation du parc mais depuis une demande d’élevage d’autruches effectuée par Daniel Vee auprès de la Commission départementale de la faune sauvage. Sa demande avait été refusée malgré une formation effectuée en métropole. « Et parmi les membres de cette commission se trouvait un certain monsieur Gougache qui lui-même comptait s’emparer d’autruches pour son parc et voyait donc monsieur Vee comme concurrent ». 
 
Contacté, Bernard Gougache, maître fauconnier qui ouvre bientôt les portes de son Bioparc à l’Étang-Salé, explique que les autruches sont « des animaux très dangereux » et que les formations nécessaires prennent entre cinq et six mois. « Or, monsieur Vee avait présenté un dossier de seulement quelques pages et avait effectué une formation de moins d’un mois ». Il poursuit : « Aux questions basiques sur la capture ou la reproduction des autruches, il n’avait pas su répondre ». Les cinq autres membres de la commission avaient d’ailleurs aussi donné un avis défavorable. 

D’autant plus que les autruches de la ferme étaient destinées à l’abattage pour en commercialiser la viande. « Selon moi, on ne présente pas des animaux que l’on compte abattre, à des enfants. L’abattage et la présentation devraient rester séparés », ajoute Bernard Gougache.
 
Daniel Vee a été condamné à trois mois de prison avec sursis, une amende de 1500 euros et une contravention de 450 euros. Sa co-gérante a quant à elle écopé d’une amende de 1000 euros et d’une contravention de 450 euros. Les animaux saisis ont été confisqués. 

 

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