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Le Coruskan, une lumière née à Cilaos

Ecrit par N.P. – le dimanche 9 novembre 2025 à 18H40

Le réalisateur Fred Eyriey signe avec Le Coruskan un film tourné dans le cirque de Cilaos, entre poésie, amour et transmission. Porté par Jean-Laurent Faubourg, Anne-Gaëlle Hoarau et Daniel Léocadie, le long-métrage sort en salles le 12 novembre à La Réunion avant une diffusion sur TV5 Monde début 2026.

Dans les hauteurs de Cilaos, Gito cultive lentilles et vigne, heureux au milieu des remparts de son enfance. Mais à la mort de son père, l’héritage de plusieurs hectares bouleverse l’équilibre du village. Son idée de partager ses terres avec des paysans décidés à passer au bio dérange, autant qu’elle intrigue. Dans Le Coruskan, Fred Eyriey explore la transmission, la fin de vie et les liens invisibles qui unissent les hommes à leur terre. Le cinéaste, qui a tourné une première fiction au Mozambique en 2006 avec Jean-Laurent Faubourg, retrouve ici le comédien dans un rôle fort, solaire et silencieux. “Cilaos m’inspire depuis longtemps, c’est un lieu qui respire, où la montagne parle”, confiait récemment le réalisateur dans une interview accordée au Quotidien.

Le Coruskan, fait écho à un petit galet poli surmonté d’un miroir

Autour du trio formé par Gito, Hilaire et Ann, se tisse un drame intime où l’amitié se heurte au désir et où le cocon du cirque devient parfois piège. “Je ne voulais pas tomber dans le folklore, mais inscrire mes personnages dans une réalité contemporaine”, explique Fred Eyriey dans la même interview. Le film aborde sans jugement la complexité des relations humaines et la pudeur des sentiments, dans un monde rural en mutation. La langue créole y occupe une place centrale, tout comme la musique et la voix d’Ann O’aro, souffle poétique du récit.

Le titre du film, Le Coruskan, fait écho à un petit galet poli surmonté d’un miroir. Un objet simple, presque anodin, mais chargé de sens : il renvoie la lumière du soleil, comme un clin d’œil au lien qui unit les générations.

Tourné avec un budget volontairement restreint, Le Coruskan revendique sa liberté : “Je n’ai pas voulu faire un film pour l’argent, mais pour qu’il existe. Mieux vaut une petite économie qui protège la création qu’un gros budget qui la contraint”, souligne le réalisateur. Poétique et lumineux, le film s’impose comme une respiration lente, où le silence est aussi habité que les paysages.

Après sa sortie en salles à La Réunion dès le mercredi 12 novembre dans les 4 multiplexes de La Réunion (Cinépalmes Saint-Denis et Sainte-Marie, Cinécambaie et Ciné Grand Sud).", Le Coruskan entamera un long voyage, de Sundance à Toronto, en passant par Montréal. “Je crois qu’il est à la fois un film d’auteur et un film populaire”, résume Fred Eyriey. À Cilaos, la montagne respire, les cœurs battent et les galets renvoient la lumière : Le Coruskan, c’est une histoire de vie, de choix et de transmission.

Etiquettes : Cilaos | Cinéma

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