Le Conseil de l'Education Nationale vote contre le nouveau calendrier académique

Réuni ce lundi, le Conseil académique de l’Éducation nationale a voté, d’une courte tête, contre le projet de nouveau calendrier scolaire 2026-2027, déjà entériné par le Département et la Région de La Réunion. Le vote étant consultatif, il n'empêchera pas l’application de la réforme, répond cette dernière.
Le calendrier a été respecté à la lettre. Face aux épisodes de chaleur extrême que La Réunion a connus en début d’année, le rectorat a annoncé début avril vouloir proposer un nouveau calendrier scolaire « mieux adapté aux réalités climatiques de l’île ».
Une réflexion avait ensuite été engagée en vue de proposer un « calendrier de compromis », soumis à l’avis des collectivités. En amont, plusieurs groupes de travail avaient réuni les représentants élus des personnels, des parents d’élèves et des lycéens siégeant au Conseil académique de la vie lycéenne, précisait le rectorat.
Parmi les pistes étudiées, celle d'organiser l’année scolaire sur une base calendaire, de mars à décembre, avait été rejetée. « C'est donc vers un calendrier de synthèse, adapté autant que faire se peut aux réalités climatiques locales et recueillant un assez large consensus parmi les membres du groupe de travail, qui sera proposé à la consultation des collectivités locales », déclarait le recteur, Rostane Mehdi.
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"Mieux coller aux réalités"
Le projet a ensuite fait l’objet d’une consultation et d’un vote pour avis à la Région, ainsi qu’au Département et à l’Association des maires. Le 13 juin, la commission permanente de la Région a voté en faveur du nouveau calendrier, « pensé pour mieux coller aux réalités climatiques et pédagogiques de l’île ». Décidé pour les trois prochaines années, il porte sur des vacances d’été austral un peu plus longues et des vacances de mars et de mai un peu plus courtes.
Dernière étape : la présentation ce lundi du projet au Conseil de l’Éducation nationale, qui réunit l’ensemble des représentants des collectivités locales, des personnels des établissements scolaires, de l’enseignement supérieur, de l’enseignement agricole, des représentants des organisations syndicales des salariés, des représentants des parents d’élèves et des étudiants.
À l’issue du vote, c’est le non qui s’est imposé à une voix près (14 pour, 13 contre, 33 présents).
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"C'est du bricolage"
« Nous avons voté contre parce que nous n’avons pas pu débattre d’autres propositions que ce calendrier imposé par le recteur, c’était ça ou rien. La proposition d’un calendrier sur l’année civile, que nous demandons, n’a par exemple pas été abordée », commente le président de la FCPE Réunion, Daniel Amouny.
Le calendrier à lui seul ne changera pas la donne à ses yeux : « C’est du bricolage, ce n’est pas une semaine de plus qui va changer la problématique que rencontrent nos enfants à l’école. Pour le rythme, le fameux 7/2 que tout le monde veut mettre en place n’est pas respecté, avec des périodes où il y a huit semaines (de cours, NDLR). Le rythme de l’enfant n’est pas pris en compte. Le recteur a annoncé qu’il allait lancer une consultation là-dessus, c’est une bonne chose, mais si c’est pour en revenir aux mêmes décisions au final, ça ne va servir à rien ».
Il appelle à une réflexion globale : « Il faut revoir les horaires, il faut revoir le calendrier dans sa globalité, il faut revoir l’organisation de la semaine, le nombre d’heures de cours, sur combien de jours… C’est un tout, il faut une réflexion globale ».
"Le travail continuera"
« Les syndicats d’enseignants ont voté contre dans la grande majorité, nous prenons acte. Nous avons fait un effort en sacralisant le mois de janvier en tant que période de vacances, c’est un objectif qui a été atteint. Il y a forcément encore des leviers pour améliorer les choses, mais je pense qu’on ne peut pas voter contre. C’est le choix qui a été fait, le calendrier sera appliqué dès la rentrée 2026-2027 (le vote n’est que consultatif, NDLR) », répond la vice-présidente de la Région déléguée à l'éducation, Céline Sitouze, présente ce lundi.
Le nouveau calendrier permet des avancées à ses yeux : « La rentrée se fera systématiquement le 1er février. On ne conçoit pas dans l’Hexagone qu’au mois d’août on soit en cours. Bien sûr, on ne résout pas totalement la question des fortes chaleurs, et on voit bien que l’été a tendance à durer plus de sept mois, mais nous avons la chance d’avoir un recteur qui est ouvert à des améliorations, et le travail continuera dans les prochaines années », poursuit l’élue de la Région.
Elle précise que plusieurs élus n’étaient pas présents, notamment du côté du Département et de la Région « qui sont favorables à ce calendrier », ce qui aurait pu changer le sens du vote. Des absences étaient aussi à noter du côté des associations, répond le président de la FCPE.
Au-delà du seul calendrier, qui n’apporte qu’une « réponse partielle à l’enjeu de l’adaptation au changement climatique », le rectorat avait annoncé la mise en place de groupes de réflexion « associant les collectivités et faisant appel à des partenaires experts, sur deux thématiques pour lesquelles des expérimentations et évolutions sont possibles : le bâti scolaire et les rythmes scolaires journaliers ou hebdomadaires ».


