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Le conjoint violent se dit victime d'un improbable complot familial

Ecrit par Eric Lainé – le samedi 30 août 2025 à 06H59

Mercredi, un père de famille de 32 ans a été condamné à 18 mois de prison dont 13 avec sursis probatoire pour des violences sur sa compagne et leur fils de 7 ans. Jonathan T. a nié l’essentiel des faits avec véhémence et un aplomb à couper le souffle. Récit de sa passe d’arme avec les magistrats.

Jonathan T., 32 ans, se place droit comme « i » devant la barre du tribunal judiciaire. Tête haute, le technicien de maintenance tente de couper la parole à la présidente avant même qu’elle achève de résumer les faits de violence dont il est suspecté. L’action se déroule en trois temps au domicile de sa mère à l’heure du dîner, le 24 juillet dernier. Il prépare le repas quand la discussion s’envenime avec la mère de ses enfants, venue passer la soirée avec leur petit dernier de 7 ans. L’idée pour la jeune femme enceinte est de renouer avec lui en douceur.

Le ton monte sur fond de tromperie et de jalousie, ressorts habituels des scènes de ménage. Il s’agace au point de saisir sa compagne par la mâchoire d’une main, de la gifler de l’autre et de l’insulter. L’enfant, qui assiste à la scène, reçoit une gifle au passage. Les autres convives présents les rejoignent pour le calmer. Son propre cousin confirme les claques. Ce qui n’empêche pas Jonathan T. de les nier. Pourquoi sa famille mentirait-elle ? « Ils sont complices », s’offusque-t-il. Et la compagne de son cousin qui l’accable aussi ? « C’est elle qui a foutu la merde », s’égosille-t-il. Entendu, son fils raconte lui aussi que « papa tapait maman ». Mais lui aussi serait un fieffé menteur à en croire le prévenu. « J’assume ce que j’ai fait, pas ce qu’ils ont dit », clame Jonathan T.

« Je regrette mon geste mais avec les nerfs je n’ai pas contrôlé… »

Furieux ce soir-là, il décide de partir en boîte de nuit. Rebelote quand il rentre aux environs de 3 heures du matin. Le face-à-face avec sa compagne est houleux, toujours sur fond de jalousie. Elle reçoit des coups sur tout le corps. « Comme elle me gueulait dessus, je lui ai juste dit de me laisser dormir », objecte-t-il. Fin du deuxième acte. Au petit matin, une dispute éclate à nouveau pour 50 euros lui appartenant et qui manquent à l’appel. Cette fois, il reconnaît a minima les faits.

« Je lui ai dit que si elle ne me rendait pas l’argent, elle allait prendre des coups », admet-il, sûr de son bon droit. Il revendique « deux claques données sur le balcon » en guise de punition. « Je regrette mon geste mais avec les nerfs je n’ai pas contrôlé… », précise-t-il.

« Parce qu’elle a les lèvres tuméfiées… »

Sa compagne parle aussi de coups de pieds au ventre. L’enfant de 7 ans confirme et raconte qu’il s’est mis en travers, recevant lui aussi un coup de pied en plein visage. Résultat : une dent qui bouge. « C’est un bébé, ils perdent leurs dents à cet âge-là », se défend le père. Pourquoi mentirait-il ? « On lui monte la tête et il répète », affirme Jonathan T. Encore la thèse du complot.

Les yeux baignés de larmes, sa compagne l’écoute en silence, un masque chirurgical sur le visage. « C’est pourquoi ce masque madame ? », s’inquiète la présidente. « Parce qu’elle a les lèvres tuméfiées… », répond son avocat. « C’est à cause des coups ? », poursuit la magistrate. La jeune mère de famille opine du chef, incapable de prendre la parole.

« Prêt à tout, y compris de la mettre dans la tombe »

Son conseil indique qu’elle avait préparé un texte pour le lire où elle esquissait « une tentative de pardon et de rapprochement parce qu’ils ont des enfants en commun ». Elle y raconte qu’il n’est « pas une mauvaise personne et qu’il ne mérite pas d’aller en prison mais plutôt d’être accompagné et aidé pour se soigner ». Face à un tel discours, l’avocat était loin d’imaginer que le prévenu serait « aussi agressif et vindicatif » à la barre. Il précise que sa cliente demande l’euro symbolique pour elle et son fils.

Le substitut du procureur est convaincu que les violences ont bel et bien eu lieu. Elle ajoute qu’il a proféré une inquiétante menace à l’encontre de sa compagne en disant qu’il était « prêt à tout, y compris de la mettre dans la tombe ». La magistrate requiert 18 mois de prison dont 9 avec sursis probatoire.

« Il est colérique car il sort de garde à vue »

L’avocate de Jonathan T. parle « d’une fin de relation tourmentée » et convient que son client « a un discours désagréable ». « Il est colérique car il sort de garde à vue et il est à fleur de peau », l’excuse-t-elle. Elle préfère ne retenir que « deux petites claques volontaires ou pas » comme il l’a admis avant de demander la clémence des juges.

Ils l’ont partiellement entendu puisque Jonathan T. écope finalement de 18 mois de prison dont 13 avec sursis probatoire pendant deux ans avec mandat de dépôt à la barre. Le tribunal a en outre prononcé une obligation de soins, de trouver un travail, d’effectuer un stage de sensibilisation aux violences faites aux femmes et de ne plus entrer en relation avec sa compagne.

Vous avez besoin d'aide ? Voici les moyens à votre disposition :

Le récapitulatif des ressources ici : https://arretonslesviolences.gouv.fr/besoin-d-aide


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Etiquettes : Justice | VIF

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