Le chauffard roule à tombeau ouvert… dix jours après sa sortie de prison

Le 23 août dernier, Yacine Z. circulait sans permis de conduire quand il a été arrêté par la police au terme d’une course-poursuite effrénée à Saint-André. Récidiviste tout juste sortie de prison, il a été condamné ce lundi en comparution immédiate à 14 mois de prison ferme.
Samedi dernier, un équipage du commissariat de Saint-André est en patrouille quand il surprend un automobiliste qui franchit un stop sans marquer l’arrêt. Les policiers actionnent leur gyrophare pour contrôler le contrevenant. Mais au lieu de se garer et de couper son moteur, le conducteur part sur les chapeaux de roues. Une course-poursuite s’engage. Le fuyard roule à tombeau ouvert. Il grille une série de stops avant de rejoindre la RN2 dans l’espoir de semer ses poursuivants. Mal lui en prend car un second véhicule de police, appelé à la rescousse, finit par le coincer sur la RN2.
« J’ai conduit car il était saoul et il avait fumé… »
Deux jeunes gens sont présents à bord. Le conducteur, Yacine Z., est placé en garde à vue. Les policiers comprennent vite le motif de sa fuite. Il n’a pas de permis de conduire et il est sorti de prison il y a seulement dix jours. Pourquoi ? Pour les mêmes raisons : refus d’obtempérer et conduite sans permis.
Yacine Z. livre une explication fumeuse pour justifier sa présence derrière un volant. Il devait changer les pneumatiques de la voiture d’un ami mais comme son passager avait fumé du zamal, il a jugé « plus sûr » de conduire à sa place. À la barre, il ajoute même : « J’ai conduit car il était saoul et il avait fumé. Comme je n’avais pas le permis, j’ai pris la fuite. »
« Pas d’autre alternative que la prison »
Sorti de prison le 13 août dernier, le chauffard, âgé de seulement 20 ans, venait de purger une peine de 18 mois de prison dont 9 avec sursis pour des faits similaires. Son incarcération n’a pas été un long fleuve tranquille puisqu’elle a été émaillée de deux incidents pour des violences entre détenus. Avant cela, son casier mentionne une condamnation pour dégradation de biens par le tribunal de Mamoudzou à la suite d’un caillassage de bus scolaire.
Le substitut du procureur ne voit « pas d’autre alternative que la prison étant donné la rapidité de renouvellement de l’infraction et que sa situation n’a pas évolué ». Il requiert quatre mois de prison ferme pour conduite sans permis, cinq mois de plus pour le refus d’obtempérer auquel il faut ajouter la révocation de cinq des neuf mois de prison restés au-dessus de la tête du prévenu lors de sa précédente condamnation.
« Il est peut-être en passe de s’en sortir »
Me Clara Pariente-Butterlin, en défense, admet que son client a voulu apporter une solution en prenant le volant « même si ce n’est peut-être pas la meilleure ». Elle met à son crédit sa coopération pendant l’enquête. Surtout, elle tente de convaincre les juges d’une « autre démarche pour lui éviter la prison ferme » car, ajoute-t-elle, « il est peut-être en passe de s’en sortir » en s’occupant de son enfant et en faisant un effort pour trouver un emploi.
Peine perdue, le tribunal suit les réquisitions du ministère public à la lettre. Yacine Z. écope donc d’un total de 14 mois ferme avec un maintien sous mandat de dépôt. « Sorti de prison depuis dix jours avant de récidiver, c’est un peu trop… », commente la présidente du tribunal judiciaire.


