Le billet d'humeur de Mohamed Aït-Araab : "Merci Papotin"

“Les Rencontres du Papotin“ de ce 10 février accueillait le comédien François Cluzet. Cette émission que diffuse France 2 (https://www.france.tv/france-2/les-rencontres-du-papotin/) reprend à l’écran la ligne éditoriale du Papotin, « journal atypique », comme il se définit lui-même : « rencontre-interview d’une personnalité médiatique (hommes et femmes politiques, artistes, journalistes…) ».
Pourquoi « journal atypique » ?
En mai 1990, un éducateur de l'hôpital de jour d'Antony (Hauts-de-Seine), Driss el-Kesri, décide de créer un hebdomadaire dont les rédacteurs seront de jeunes autistes. Projet un peu fou qui, 34 ans plus tard, continue de vivre et de grandir. Au moment où nombre de titres de la presse écrite ont dû mettre la clé sous la porte, signe d’un profond malaise démocratique. Mais nous aurons l’occasion de reparler de la concentration des médias en France entre les mains d’une poignée de milliardaires.
Revenons à nos papotages.
Aujourd’hui, précise le site du journal, le comité de rédaction s’est élargi à une douzaine d’autres centres sanitaires et médico-sociaux d’Île de France, et il est composé d’une quarantaine de membres âgés de 14 à 50 ans.
Pourquoi vous parler de l’émission de samedi ?
Simplement pour partager avec vous un magnifique poème écrit par un membre de l’équipe du Papotin, Rudy Meskine, texte lu par François Cluzet au cours de l’émission. Le titre en est « Je veux être vieux ».
Je veux être vieux pour raconter des histoires que j’ai vécues
Je veux être vieux pour ces rides magnifiques que ça fait
Je veux être vieux car mes cheveux blancs c’est comme de la neige qui tombe
Je veux être vieux pour m’occuper de moi
Je veux être vieux car ma mémoire elle est une richesse
Je veux être vieux pour étonner tout le monde
Je veux être vieux pour avoir une canne
Je veux être vieux car je serai une bibliothèque vivante
Je veux être vieux car tout simplement j’en ai marre d’être jeune.
Ce poème extrait d’un recueil titré C’est un cas de conscience a été publié en 2013 aux éditions Unicité.
La beauté simple de ces quelques lignes, toutes de fluidité et d’émotion, disent avec sensibilité et sans esbrouffe le temps qui passe et notre finitude. Mais les mots de Rudy Meskine n’ont rien de larmoyants et ne portent aucun désespoir. Bien au contraire ! J’ai rarement lu un tel hymne à la vie et à la joie qu’elle offre. À tout âge !
Merci Papotin !


