Le billet d'humeur de Mohamed Aït-Aarab : "Républicain !"

Vendredi 27 mars, Grégory Doucet a été officiellement réélu maire de Lyon après sa victoire lors du second tour des élections municipales. Et Jean-Michel Aulas, son principal adversaire et doyen de l'assemblée, lui a solennellement remis son écharpe.
Pourtant la campagne électorale n’avait pas été tendre. Les deux listes s’étaient joyeusement écharpées, notamment pendant l’entre-deux tours.
Mais une fois le verdict tombé, une fois l’exercice du pouvoir (kratos) exercé par celui qui en est le dépositaire, le peuple (démos), l’ancien président de l’Olympique lyonnais s’est comporté en véritable républicain.
Bien sûr, nul n’est dupe : la rancœur est présente pour celui que les sondages ont longtemps présenté comme largement favori.
Mais les actes sont là : c’est bien Jean-Michel Aulas qui a ceint Grégory Doucet de l’écharpe de maire.
Dans le même temps, les électeurs réunionnais apprenaient qu’un candidat tête de liste démissionnait de son poste de conseiller municipal d’opposition ; qu’un autre n’assistait pas à l’installation du conseil municipal ; qu’un troisième allait sans doute quitter La Réunion.
En apprenant ces nouvelles, qu’ont dû penser les milliers d’électeurs qui, au premier comme au deuxième tour, avaient porté leurs voix sur ces candidats ? Peut-être même avaient-ils fait campagne pour eux ? Avec un mélange d’enthousiasme et d’espoir.
Ces électeurs n’ont-ils pas aujourd’hui le sentiment d’être les dindons de la farce ?
Ils y avaient cru au programme, aux promesses, au changement. Et voilà que leurs candidats les abandonnaient au milieu du gué.
« Être calife à la place du calife, oui ! Mais se coltiner les tâches ingrates d’un élu municipal d’opposition, pas question ! Je préfère démissionner. »
Je suis sans doute un grand naïf, mais je pensais que ces dames et ces messieurs qui nous ont courtisés pendant des semaines et des semaines n’étaient animés que par la volonté de servir. L’amour du bien public. Qu’ils avaient la res publica chevillée au corps.
On nous aurait donc menti ?
Heureusement, et contrairement à ce qu’affirme la sagesse populaire, un seul poisson ne souille pas tout le panier.
Le dimanche 22 mars, j’ai vu et entendu des élues et des élus, souvent jeunes, qui m’ont donné envie de croire de nouveau à la politique. Non pas la politique politicienne. Ni celle des copains et des coquins. Mais le gouvernement de la cité au bénéfice des citoyens.
Ceci dit, restons vigilants. Les promesses n’engagent que ceux qui y croient.
Mais, pour une fois, en ces temps déraisonnables, un peu d’espoir est (peut-être) permis !
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