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Le billet d'humeur de Mohamed Aït-Aarab : "Esclavage : le plus grave crime contre l’humanité"

Ecrit par Gaetan Dumuids – le vendredi 27 mars 2026 à 16H52

Ce mercredi 25 mars, à l’initiative du Ghana, une résolution qualifiant la traite transatlantique des esclaves de crime le plus grave contre l'humanité a été adoptée par l’Assemblée Générale des Nations-Unies par 123 voix. 52 pays se sont abstenus. 3 ont voté contre ? Étonnant, non ?

On pouvait s’attendre à ce que ce texte fasse consensus et qu’un vote unanime témoigne que l’humanisme, si cher à Gandhi, Senghor, Mandela, et autres grandes figures du XXe siècle, n’était pas une denrée périmée en 2026.

D’autant que le président du Ghana, John Dramani Mahama, s'exprimant, avant le vote, au nom du Groupe africain, avait tracé le chemin de la dignité et de la hauteur de vue : « Aujourd'hui, nous nous rassemblons dans une solidarité solennelle pour affirmer la vérité et ouvrir la voie à la guérison et à la justice réparatrice ».

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D’autant que la poétesse Esther Philips, originaire de La Barbade, avait su, avec sérénité et sans animosité, trouver les mots justes : « Les esprits des victimes de l’esclavage sont présents dans cette salle en cet instant même, et ils n’attendent qu’un seul mot : justice. Car pour eux, comme pour le monde, il ne saurait y avoir de paix sans justice — une justice réparatrice — et cet appel ne trouve écho que lorsque les mots se transforment en actes. La question est la suivante : qu’allez-vous faire ? »

L'ambassadeur Dan Negrea lui a répondu. Pour son pays (devinez lequel), le texte présenté par le Ghana était « hautement problématique à d'innombrables égards ». Et avec l’assurance des sinistres crétins (« les cons, ça ose tout, c’est même à çà qu’on les reconnait » avait écrit Michel Audiard), il a ajouté que son pays « ne reconnaissait aucun droit légal à des réparations pour des torts historiques qui n'étaient pas illégaux au regard du droit international au moment où ils se sont produits ».

Comme si des crimes contre l’humanité avaient besoin d’une loi pour être identifiables !

Comme si des atrocités aussi longues, aussi persistantes, aussi systémiques, pouvaient être acceptables sous prétexte qu’elles n’étaient pas illégales !

Pour en revenir au vote :

  • l’Union européenne et le Royaume-Uni se sont abstenus. Tout comme le sultanat d’Oman. Aux Oscars des faux-culs, ils ne seront pas les derniers récompensés ;
  • les pays arabes ont voté : c’était la moindre des choses, étant donné leur responsabilité en la matière.

Quant aux trois pays qui ont voté contre la résolution onusienne, il s’agit des États-Unis d’Amérique, de l’État d’Israël et de l’Argentine.

Ite misa est !

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