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Le billet d’humeur de Mohamed Aït-Aarab : « Qui veut tuer le mouvement associatif ? »

Ecrit par N.P. – le mercredi 3 décembre 2025 à 10H48

Découvrez le nouveau billet d'humeur de Mohamed Aït-Aarab :

La kord sa pété !

Le samedi 11 octobre, le monde associatif réunionnais, comme l’ensemble des associations nationales, s’était mobilisé pour dénoncer un véritable plan social que le gouvernement impose au secteur associatif.

Il est loin le temps où un premier ministre du nom de Jacques Chirac stipulait, dans une circulaire que « l’État et les collectivités publiques n’ont pas le monopole du bien public ». Il rappelait ainsi le rôle du secteur associatif pour répondre à des tâches d’intérêt général, soutenir les personnes vulnérables, réduire les inégalités et préserver le lien social.

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Nous vivions dans un autre monde.

Un monde où la notion de bien commun était encore un pilier de la démocratie française.

Un monde où l’action associative n’était pas criminalisée.

Un monde où le ministre de l’Intérieur ne s’érigeait pas en juge des libertés.

Dans notre département aux fragilités reconnues, l’action associative est un outil unique et irremplaçable de cohésion sociale. Grâce aux quelques 15.000 associations actives sur le territoire, aux 137.000 bénévoles, aux 21.500 salariés, le mouvement associatif réunionnais consolide chaque jour les piliers d’une société à nulle autre pareille. Mais une société sensible, délicate, vulnérable, face aux cyclones mauvais qui la tourmentent de plus en plus.

Au moment où la précarité ne cesse de croître, où les besoins ne cessent d’augmenter, les baisses drastiques de subventions portent un coup mortel à un secteur garant, avec d’autres, de la bonne santé démocratique de notre pays.

Et contrairement à ce qu’écrivent et proclament ici ou là les thuriféraires d’un monde post-libéral, le secteur associatif n’est en rien un gouffre à subventions. Nul pognon de dingue n’est distribué aux associations. Contrairement à d’autres secteurs économiques qui, en 2023, en ont croqué pour 211 milliards d’euros (4 fois le budget de l’Éducation nationale). Sans contrepartie ni évaluation !

La grande diversité des associations, à La Réunion comme dans l’hexagone, constitue, comme le soulignait, en 2024, le C.E.S.E., une contribution économique et sociale de première importance. L’économie sociale et solidaire, au sein de laquelle les associations sont majoritairement présentes, représente 13,7% des emplois privés. Dans un contexte réunionnais marqué par un chômage massif et structurel (16% au 2e trimestre 2025 ; 7,5% en France hexagonale), cela est loin d’être négligeable.

Mais, en fin de compte, et si tout cela n’était que la partie visible de l’iceberg ? À savoir une vaste offensive idéologique comme l’a illustré le cas médiatisé de la Région Pays de la Loire qui a supprimé 4,7 millions d’euros pour la culture, le sport et la vie associative.

L’esprit critique contre la tiktokisation des esprits, la solidarité contre l’individualisme exacerbé, le bien public contre la privatisation du vivant, voilà ce que défend le mouvement associatif.

On comprend que cela ne soit pas du goût de certains.

Etiquettes : Mohamed Aït-Aarab

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