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Le billet d'humeur de Mohamed Aït-Aarab :« Citius, Altius, Fortius – Communiter. Épisode 5. Femmes puissantes »

Découvrez le dernier billet d'humeur de Mohamed Aït-Aarab.
Ecrit par Mohamed Aït-Aarab – le lundi 26 août 2024 à 11H26

« Je n’approuve pas personnellement la participation des femmes à des concours publics. Aux Jeux Olympiques leur rôle devrait être surtout, comme aux anciens tournois, de couronner les vainqueurs. »
Pierre de Coubertin

Les Jeux Olympiques de 1948 vont être l’occasion pour deux athlètes atypiques de démentir les propos d’un autre âge du baron. Alors que l’Europe se relève péniblement d’un conflit mondial dévastateur, Londres, qui a résisté aux bombardements intensifs de l’aviation allemande pendant des mois ; Londres qui a, selon la prophétie churchilienne, eut son lot de sang, de sueur et de larmes, accueille, dans des conditions spartiates certes, 4000 athlètes venus de 59 pays.

Deux femmes vont particulièrement se mettre en évidence lors de cette olympiade. La première est hollandaise. Elle s’appelle Fanny Blankers-Koen.
100m, 200m, 80m haies et relais 4x100 m, la sprinteuse néerlandaise écrase la concurrence. En 4 courses sur la piste en cendrée de Wembley, elle mettait fin, magistralement, à des semaines d’attaques médiatiques.

Trop vielle pour courir : elle a 30 ans en cet été 1948 !

Mère indigne : elle ferait mieux de retourner aux Pays-Bas s’occuper de ses gosses.

Qualifiée de « ménagère » par une presse misogyne, Fanny Blankers-Koen, la « Hollandaise volante », fit taire ses détracteurs de la plus belle des manières. Et sa moisson de médailles aurait pu être encore plus riche sans une règle de l’époque qui interdisait aux femmes de concourir, en individuel, dans plus de trois épreuves. Or elle possédait les records du monde du saut en longueur et de la hauteur.

En 1999, le C.I.O. la désigne « athlète féminine du XXe siècle ».

La deuxième femme puissante de ces Jeux est française et s’appelle Micheline Ostermeyer.

Mais il existe deux femmes en une. La première, pianiste de renommée internationale, se produit en concert depuis l’âge de douze ans. La seconde est athlète de haut niveau, championne de France et championne du monde au lancer du poids et au saut en hauteur. À Londres, elle ajoute une troisième corde à son arc, le lancer du disque, discipline qu’elle découvre trois semaines avant le début des Jeux.

Résultat des courses : deux médailles d’or (au disque et au poids) et une médaille de bronze à la hauteur.

Le soir même de sa victoire au lancer du poids, elle donne un récital Beethoven au Royal Albert Hall de Londres. Et deux jours plus tard, elle s’empare du bronze.

La conclusion pourrait être laissée à tonton Georges : « J’ai 26 ans mon vieux baron et je t’emmerde en attendant ».

Mohamed Aït-Aarab

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