Le billet d'humeur de Mohamed Aït-Aarab : « Bonne année 2024 »

Débarrassons-nous vite de 2023 et de son cortège de violence, de victimes innocentes et de salauds à la une des journaux.
Le premier jour d’une nouvelle année est toujours porteur d’espoir. Mais, ces derniers temps, il faut bien avouer que la déception a souvent été au rendez-vous. Déception aussi grande que celle d’avoir cru voter pour un jeune président du XXIe siècle, alors que nous avons élu un vieux barbon de la IVe République.
Mais ne désespérons pas !
S’il y a des personnes qui, en l’espace de quelques minutes, vous mettent le moral dans les chaussettes, d’autres donnent envie de se battre pour que le monde que nous allons léguer à nos enfants ne soit pas totalement pourri.
Anaïs Quemener, par exemple.
Qui ça ?
Anaïs Quemener, 32 ans, 1m52, 48 kg, de mère réunionnaise et de père breton, double championne de France de marathon, avec une meilleure performance à 2h29 (les connaisseurs apprécieront).
Tombée à l’âge de 7 ans dans le chaudron de la course à pied (où son grand-père réunionnais, Marcel Banoubie, et son père ont excellé avant elle), Anaïs Quemener conjugue avec bonheur sa double vie d’athlète de haut niveau et d’aide-soignante à l’hôpital Jean-Verdier de Bondy.
Mais le plus remarquable est la force de caractère dont elle a su faire preuve en 2015 lorsque, à quelques jours du marathon de Rennes auquel elle devait participer, un cancer du sein lui est diagnostiqué. Le marathon de Rennes, elle le courra quand même. Mais huit ans plus tard. Après une autre épreuve, celle qui lui a permis de vaincre la maladie.
Il est vrai qu’Anaïs Quemener fut une patiente atypique, comme elle le raconte dans le documentaire de Hélène Hadjiyanni, sobrement intitulé Anaïs (https://www.youtube.com/watch?v=vVlJB5rT1PA) : « J'ai couru tous les jours, et c'était essentiel. D'ailleurs, je me faisais engueuler par les infirmières du service de chimio. En fait, je faisais du sport adapté. Parfois, s'il fallait marcher, je marchais. S'il fallait trottiner, je trottinais. J'adaptais mes sorties en fonction de mes sensations et de ma santé. »
Belle preuve de persévérance, ou bien les mots ne veulent rien dire.
Alors s’il fallait se fixer un objectif pour 2024, s’il fallait prendre une seule bonne résolution, prenons exemple sur Anaïs Quemener, sa détermination, sa volonté inflexible, pour faire barrage, tous ensemble, à la barbarie, à l’intolérance et à tout ce qui menace notre destinée commune et républicaine. Et notamment les cancers de toutes natures.
Mohamed Aït Aarab


