L'Arast enterrée, bienvenue à son remplaçant le GIP-SAP

Le GIP-SAP entend donner une réponse globale aux problèmes des services à la personne dans le Département de la Réunion. En "remplacement" de l'Arast, (liquidée le 27 novembre 2009) l'Etat, les collectivités locales, les associations et les partenaires privés entendent remettre la main sur les besoins en services à la personne sur notre île.
"Le premier conseil d'administration a eu lieu ce matin. C'est une consécration résultant des principales orientations des Etats généraux de l'Outre-mer, intégrant le plan de cohésion social, lancé en 2005 par Jean-Louis Borloo", s'est félicitée la présidente du Conseil général, Nassimah Dindar.
Le GIP-SAP est censé assurer une régulation économique et financière du système d'aide à domicile. Il concourt à la mise en commun des moyens, à la garantie de qualité des services et à la formation des professionnels. "La professionnalisation du secteur est essentielle, ce secteur s'ouvre aujourd'hui à la Réunion grâce à la mise en place du GIP-SAP", explique-t-elle. Mais attention, le GIP-SAP "n'est pas un machin supplémentaire, ni une tribune politique, ni un champ d'opposition", prévient Nassimah Dindar.
La professionnalisation du secteur de service à la personne sera assurée par le Conseil régional. "C'est le rôle de la Région d'assurer la continuité de la formation", explique Valérie Bénard, vice-présidente du Conseil Régional en charge de la lutte contre l'illettrisme. La présence de Valérie Bénard n'est pas anodine, puisqu'avant d'intégrer la Région elle était représentante des salariés de l'Arast.
Des ex-salariés embauchés dans cette nouvelle structure
Devant les grilles du Palais de la Source, Paul Junot et plusieurs ex-salariés de l'Arast ont tenté de pénétrer à l'intérieur du hall "pour suivre juste le débat, nous ne sommes pas là pour faire du bruit, mais pour écouter les débats". Une demande entendue puisqu'ils pourront tous pénétrer au sein du Conseil général pour assister au lancement du GIP-SAP.
A la Réunion il existe 30 structures agréées, dont 10 avec l'agrément qualité, dédiées au service à la personne, un secteur qui représente 14.000 salariés qui travaillent pour 15.000 ménages. "Un secteur plus important que le tourisme", souligne Nassimah Dindar, qui souhaite "poursuivre le travail à la fois qualitativement mais aussi quantitativement pour accélérer le développement du secteur du service à la personne". Pour la présidente du Conseil général, il ne doit pas "y avoir de difficultés à absorber des salariés du secteur sans emplois, dont les anciens salariés de l'Arast".
Pour rappel, la liquidation de l'Arast, le 27 novembre 2009, avait provoqué le licenciement de plus de 1.200 personnes.
Réfléchir sur les perspectives dans le département
Le colloque au Département doit se tenir sur deux jours et tournera sur quatre ateliers de travail, la formation et professionnalisation dans la filière du service à la personne, le développement de la filière service à la personne, le choix du modèle économique pour assurer le financement pérenne des structures et la place des aidants familiaux dans le politique de maintien à domicile.
"Une occasion de partager nos connaissances et nos expériences sur la situation des services à la personne, d'analyser les solutions mises en place, de réfléchir sur les perspectives dans le département. Les services à la personne représentent un secteur stratégique d'avenir pour la Réunion, l'évolution de la structure de la population (ndlr : La France devrait compter 73 millions d'habitants en 2060, dont 1/3 auront plus de 60 ans et 200.000 personnes devraient être centenaires) ainsi que l'évolution des besoins dans ce domaine ouvrent de réelles perspectives d'emplois à plus long terme", conclut la présidente du Conseil général.



