L'alliance bareigtsienne veut se placer au-dessus de la mêlée

Les ténors de l'alliance de Gauche menée par Éricka Bareigts pour les élections sénatoriales étaient assis sur les gradins du Théâtre sous les arbres du Port. Ils entouraient les candidats de leur liste qui ont développé les points majeurs de leur programme : l'auto-suffisance alimentaire, le soutien de l'économie, la protection de l'environnement et le tourisme notamment.
Audrey Belim, tête de liste "Défendre l'avenir de La Réunion au Sénat", explique : "Lorsqu'on a voulu construire ce programme, on a voulu prendre en compte les spécificités des territoires et pas seulement les besoins globaux du territoire. Il était important d'aller sur les questions d'aménagement du territoire, le foncier, la crise du logement, l'éducation, l'emploi et le chômage. Ce sont des thématiques communes et tout le monde en parle. Ce que nous proposons à tous les grands électeurs et les grandes électrices, c'est d'être en relais constant avec les maires et les élus locaux."
Les Verts ont choisi leur camp
Geneviève Payet, candidate sur cette liste d'alliance, a souhaité répondre aux écologistes dissidents qui ont apporté leur soutien à Huguette Bello. Europe Ecologie-Les Verts La Réunion est officiellement avec Éricka Bareigts. "Notre symbole, c'est le tournesol et pas la marguerite qu'on effeuille", lance Geneviève Payet avant d'ajouter, "nous avons fait des choix politiques pour les Sénatoriales. Notre comité politique régional s'est réuni après les appels à candidatures et nous avons délibéré. Tout cela a été annoncé au niveau national."
"On s'est laissé surprendre par des demandes venues a posteriori d'un autre groupe de militants d'EELVR souhaitant intégrer la liste conduite d'Huguette Bello. Les personnes sont libres de faire un autre choix mais à ce moment-là, elles ne porteront pas le logo EELV", assure-t-elle.
Le programme plutôt que les commentaires
Le camp bareigtsien continue d'éviter de répondre aux provocations et aux attaques de leurs adversaires politiques. Et pourtant, la "vraie" Gauche, comme l'a appelée Huguette Bello, a sorti l'artillerie lourde vendredi et avait les cinq maires de l'alliance dans le viseur.
Patrice Selly a été l'une des cibles préférées de la Gauche PLR-Progrès-FI. Frédéric Maillot et Jean-Hugues Ratenon ont parlé des anguilles de Saint-Benoît et ont pointé du doigt une Macron-compatibilité de l'édile bénédictin. L'élu déclare : "Je suis en campagne pour faire gagner un programme, je ne suis pas dans les commentaires politiques et politiciens. Je ne pense pas que ça intéresse les grands électeurs et la population." Sur l'accusation d'une proximité de Banian avec la majorité gouvernementale, il assure être prêt à travailler avec toutes les forces vives dans l'intérêt de La Réunion : "S'il le faut, j'irai discuter avec le gouvernement ou avec la majorité régionale."
La maire de Saint-Denis, à la tête de l'alliance, a elle aussi refusé d'entrer sur le ring. Éricka Bareigts, qui n'a pourtant pas été avare de punchlines par le passé, ne veut pas prendre part aux joutes verbales. "Vous avez constaté que nous n'étions pas dans les petites phrases et les commentaires. Nous, on est dans le programme et on va y rester", assure l'édile du chef-lieu.
Mais Éricka Bareigts apporte tout de même une précision après la sortie d'Huguette Bello qui avait déclaré à la presse : "La vraie Gauche, vous l'avez devant vous !" L'élue balaie cette attaque du revers de la main. "Nous, il n'y a pas de vrai ou de faux. Nous sommes une Gauche qui sait travailler ensemble et s'ouvrir aux réalités", lance-t-elle en conclusion.


