L'ail péi débarrassé de ses maladies repart en lutte face à l'importation

La fête de l’ail se tiendra du 28 au 30 octobre à Petite-Ile. L’occasion de rappeler l’appui apporté par le Cirad et la Chambre d’agriculture à la relance de la filière ail à la Réunion. A partir de 2013, les agriculteurs réunionnais pourront acheter des semences d’ail certifiées, indemnes de virus.
Dans les années 80, de nombreux agriculteurs réunionnais avaient abandonné la culture de l’ail, notamment à cause de sa sensibilité à de nombreuses maladies. En améliorant l’itinéraire technique de la culture, en sélectionnant et diffusant les variétés les plus adaptées (Vacoa, Gros Bleu) dans les années 90, la Chambre d’Agriculture, avec l’appui du Cirad, a redonné confiance aux producteurs. Mais pour garantir un ail de qualité, à la fois sur le plan sanitaire et variétal, il fallait mettre en place à la Réunion une filière de production de semences certifiées.
Pour y parvenir, un important travail restait à réaliser. Tout d’abord, assainir ces variétés locales, contaminées par deux virus, l’OYDV (Onion Yellow Dwarf Virus) et le LYSV (Leak Yellow Stripe Virus), pouvant provoquer jusqu’à 60 % de pertes de rendement. Puis, obtenir l’inscription des variétés au catalogue officiel et la certification des semences par le Service Officiel de Contrôle et de Certification (SOC), préalables obligatoires à leur commercialisation.
Le Cirad produit aujourd’hui des semences de pré-base et de base de ces variétés (500 kg récoltées en 2010), en vue de les diffuser à des agriculteurs multiplicateurs pour la production de semences commerciales à partir de cette année.
L'espoir d'une "reconquête des parts de marché sur l’ail d’importation"
Les premières semences certifiées de la variété Vacoa (variété représentant actuellement 80 % de la production locale) devraient ainsi être mises sur le marché en 2013. L'objectif de production de semences certifiées est à terme, de l'ordre de 8 à 10 tonnes par an.
La filière ail concerne aujourd’hui une soixantaine de producteurs, dont la moitié se trouve à Petite-Ile, produisant entre 150 tonnes et 200 tonnes d’ail par an. Pour un ordre d'idée, l'importation d'ail dépasse les 1.000 tonnes par an, le plus souvent en provenance d'Inde et de Chine.
La commercialisation prochaine de semences certifiées vient aujourd’hui couronner la relance de la filière ail réunionnaise. "Ces nouvelles semences vont permettre d’améliorer la production en quantité et en qualité. On peut espérer d’ici quelques années une reconquête des parts de marché sur l’ail d’importation, avec une production locale de 300 tonnes par an", estime la Chambre d’agriculture.
source : Cirad Réunion-Mayotte


