L’ADIR alerte sur cinq menaces pour l’économie réunionnaise

À l’occasion de l’ouverture du salon “Nou lé local”, ce jeudi à Saint-Paul, le président de l’ADIR, Michel Dijoux, a alerté les élus locaux sur cinq menaces jugées majeures et sur lesquelles il va interpeller le nouveau Premier ministre.
Si l’événement se veut d’abord porteur d’un “message positif” en faveur de la production locale, l’ouverture ce jeudi du 2ème salon “Nou Lé Local”, à Expobat, à Saint-Paul a également servi de tribune aux inquiétudes du secteur économique, industriel en tête.
“L’industrie et la production locale, c’est 14 % du PIB de La Réunion, ce n’est pas rien sur un PIB qui, en 2024, faisait 24 milliards d’euros”, a rappelé Michel Dijoux, le président de l’ADIR (Association pour le Développement Industriel de La Réunion).
Cinq sujets de préoccupation majeures
Ce dernier a d’abord tenu à souligner que “l’économie réunionnaise ne va pas si mal”, même si certains secteurs sont “en danger”, comme le BTP, mais il estime nécessaire d’éviter d’envoyer un message trop “négatif” à destination de la population comme du monde de l’entreprise. Pour autant, cinq dossiers suscitent de vives inquiétudes, et ce, dans un futur proche.
- Octroi de mer : toute remise en cause du dispositif “détruirait définitivement l’industrie réunionnaise”, alerte le président de l'ADIR. “On peut parler d’évolution de taux mais pas du principe fondateur”, a-t-il insisté, “je compte sur vous”, lance-t-il en se retournant vers Huguette Bello et à la députée Karine Lebon.
- Loi vie chère : si le projet peut être bénéfique pour les consommateurs juge Michel Dijoux, l’exclusion dans le calcul du seuil de revente à perte du coût du transport, “qui peut peser jusqu’à 25%, si on l'exclut on met en danger l’industrie et les petits distributeurs”.
- LODEOM : une remise en cause des exonérations de charges sociales sur les salaires serait un “tremblement de terre” pour l’ensemble des DOM, avec “10 000 emplois menacés”, chiffre le président de l’ADIR.
- Défiscalisation : la baisse envisagée du crédit d’impôt (de 35 % à 24 %) dans l’industrie et le logement intermédiaire pourrait entraîner, selon Michel Dijoux à l’abandon de “90 % des projets d’investissement”.
- POSEI : la révision annoncée du dispositif européen, qui soutient l’agriculture dans les RUP, inquiète particulièrement l’ADIR. Le passage d’une gestion locale à une gestion nationale ferait peser des risques sur la répartition des fonds.

Des inquiétudes partagées
Ces préoccupations sont également relayées par d’autres acteurs économiques. La secrétaire générale de l’ARIBEV, Laure-Hélène Ribola, a évoqué des “premières annonces mortifères” concernant le POSEI, rappelant que “la moitié de notre fonctionnement vient de ce dispositif. Sans ces fonds, c’est la fin de notre filière et de l’installation de producteurs”.
La présidente du syndicat du sucre, Sylvie Lemaire, a de son côté souligné le danger d’une “fusion de tous les fonds” européens, qui ferait perdre leur identité aux DOM et la spécificité d’adaptation de leurs règles. Elle rappelle que la filière canne-sucre-énergie représente à elle seule 15.000 emplois.
“Nou lé fier, nou lé créatif, nou lé solidaire”
Face à ces défis, Michel Dijoux a appelé à l’unité patronale, syndicale et politique pour défendre l’économie réunionnaise. “Nou lé fier, nou lé créatif, nou lé solidaire, nou lé local”, a-t-il conclu, devant un public venu pour l’ouverture du salon Nou lé local.
L’événement, qui se tient au parc Expobat de Saint-Paul jusqu’à lundi, offre au grand public l’occasion de découvrir gratuitement le savoir-faire et les productions locales, présentées par des exposants venus de toute l’île.





