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La solidarité nationale pour guérir la Réunion des sequelles de l'esclavage et du colonialisme

Ecrit par zinfos974 – le mardi 24 novembre 2009 à 10H11

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Marie-Luce Penchard est à la Réunion, pour quoi faire ? Après les luttes contre la vie chère, après les Etats Généraux de l’Outre-Mer, les problèmes sont bien là avec les entreprises qui ferment et le chômage qui en découle. Pourtant elle refuse de rencontrer les syndicats de salariés. Il y a aussi de graves problèmes structurels que nous analysons comme les séquelles de l’esclavage et du colonialisme : près de 30 % de chômeurs, 100 à 120 000 illettrés, des infrastructures en retard par rapport à la métropole, plus de 50 % des gens en dessous du seuil de pauvreté etc... Dans la société réunionnaise, on n’a plus des maîtres et des esclaves, mais on a d’un côté des grandes fortunes et de l’autre des précaires et des RMIstes... La Réunion est un des départements les plus inégalitaires de France avec le plus de personnes qui paient l’impôt sur la fortune d’un côté et le plus de RMIstes de l’autre, par rapport au nombre d’habitants. Il y a aussi un retard politique, la plupart des maires de la Réunion utilisant la précarité pour transformer une partie des citoyens en clientèle électorale par la distribution intéressée des petits boulots.

Il faut sortir la Réunion de cette situation et la solidarité nationale doit fonctionner jusqu’à ce que le retard soit rattrapé. Pour cela, il ne suffit pas que la manne arrive de la métropole ou de l’Europe, encore faut-il que l’argent soit réparti de manière juste. Et cela n’a pas été le cas jusqu’à aujourd’hui. La région a reçu de l’Europe et de l’Etat des sommes importantes dans le cadre de la politique de grands travaux : basculement des eaux, route des Tamarins ou de la défiscalisation pour la constuction de logements. Certes cela a créé des emplois, mais les inégalités n’ont pas reculé et c’est cela qui est préoccupant.

Pour les Verts Réunion, la solidarité nationale( donc les financements de l’Etat) doit permettre d’agir sur tous les point qui constituent des séquelles de l’esclavage et du colonialisme. Mais il faut le faire aussi en répondant aux nouveaux impératifs de l’urgence écologique.

1. Agir contre les inégalités et l’illettrisme :

La lutte contre l’illettrisme doit être une priorité régionale et ce n’est certainement pas le moment de supprimer des emplois dans l’éducation nationale. Il faut donc compléter l’équipement en matière d’établissements scolaires et d’université et renforcer l’encadrement des élèves. Mais il faut aussi agir sur les racines de ce problème qui est la prise en compte très largement insuffisante de la langue, de l’identité et de la culture créoles dans l’enseignement. Cela signifie développer un enseignement bilingue et adapter l’enseignement du français au milieu créolophone. Les expériences qui vont dans ce sens montrent que les enfants sont mieux dans leur peau et plus performants dans l’apprentissage du français et des autres langues. La réussite solaire en sera améliorée dans tous les domaines.

Mais la lutte contre les inégalités c’est aussi créer des milliers de vrais emplois dans les domaines de l’environnement, du traitement des déchets, des énergies renouvelables, du tourisme vert, du service de l’aide à la personne... Et là aussi l’aide de l’Etat doit aller dans le sens de la réduction des inégalités.

2. Combler le retard en matière d’infrastuctures :

La Réunion est très en retard, par exemple en matière d’infrastructures de transport : il y a moins de km de route par habitant qu’en Métropole. Mais on n’est pas obligé de faire les mêmes erreurs qu’en Métropole. Au lieu de poursuivre la politique du tout bagnole, développons un réseau de transport en commun multimodal réellement efficace avec comme colonne vertébrale le tram-train de St Benoît à
St Joseph. Et la réponse négative de Mme Penchard à la demande de la région d’une dotation spéciale de fonctionnement pour le rail n’est pas acceptable. L’argument “la Réunion n’était pas équipée de chemin de fer au moment où cette dotation a été décidée” n’est pas tenable. L’Etat devrait au contraire aider à rattraper le retard.

Il y a aussi un fort déficit en logement et en particulier en logement social. On estime la demande à environ 30.000. Pour combler le retard une meilleure maîtrise du foncier est nécessaire pour mettre fin à la spéculation qui renchérit sans cesse le prix des terrains. Il faut changer aussi le système d’aides, la défiscalisation actuelle permettant surtout aux plus aisés de ne pas payer d’impôts du tout et donc d’accroître encore les inégalités. On pourrait par exemple limiter la défiscalisation à la première acquisition et au logement social.

3. Rendre la Réunion moins dépendante de l’extérieur :

La monoculture de la canne est typiquement aussi un héritage colonial. Ce n’est pas non plus une production particulièrement “écologique”. Pour les Verts Réunion, il faut donner la priorité à l’autosuffisance alimentaire et donc reconvertir une partie des terres à canne dans la production de fruits et légumes et l’élevage. Il faut faire un effort pour produire une nourriture plus saine en diminuant les engrais et les pesticides et en augmentant la part de l’agriculture biologique qui est dérisoire aujourd’hui (0,3 % à la Réunion). C’est un problème vital pour la Réunion si l’on veut faire face à l’augmentation inévitable du pétrole qui rendra l’approvisionnement de l’ïle problématique dans 20 ou 30 ans. Là aussi l’aide de l’Europe et de l’Etat est absolument nécessaire pour réussir cette reconversion.

La question de l’autonomie énergétique se pose également. Et pour y parvenir, il faudra jouer sur tous les tableaux : réduire au maximum les consommations : ampoules et appareils basse consommation, logement ne nécessitant pas la clim... et diversifier les sources : solaire, éolien, géothermie, énergie thermique des mers, énergie de la houle, biomasse ... Et pour aller dans le sens de la réduction des
inégalités, un fond spécial pourrait financer un chauffe-eau solaire à toutes les familles qui sont en dessous du seuil officiel de pauvreté. On attiendrait en même temps l’objectif social : eau chaude gratuite et l’objectif écologique.

La société réunionnaise est malade de ses inégalités flagrantes et de ses retards structuraux. En métropole comme sur notre île, le système financier est reparti comme si rien ne s’était passé dans la spéculation. Et Marie-Luce Penchard vient nous dire au nom de Nicolas Sarkozy “tout va très bien Madame la marquise”...
 
Vincent Defaud
Secrétaire Régional
Les Verts-Réunion

 

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